Lutte contre les armes légères : que la Guinée ratifie la convention !

Une mission du RASALAO (Réseau   d’Action Sur les Armes Légères en Afrique de l’Ouest) était dans nos mures du   28 avril au 4 mai. Objectif ? Faire le plaidoyer auprès du gouvernement guinéen   pour le dépôt des instruments de ratification de la convention de la CEDAO   sur les armes légères et des petits calibres (ALPC) et le traité sur le   commerce international des armes. Et rencontrer les organisations de la   société civile pour parler de l’organisation de l’Assamblée générale du   RASALAO-Guinée et également du rôle que la société civile peut jouer dans la   lutte contre la propagation privative    des armes légères.

Le 3 mai, une conférence de presse   a été organisée à cet effet. Les conférenciers ? M Bafour Amoa président de   RASALAO, Mme Dieng Fatou, Secrétaire générale de la commission nationale de   lutte contre la prolifération et la circulation illicite des ALPC, M Sow   Saikou de ABC développement et Koukou Mara présidente du réseau des journalistes   sur la sécurité et le développement en Afrique de l’ouest.

Pour commencer Koukou Mara a   présenté son réseau.

« Après plusieurs rencontres des journalistes ont choisi délibérément   d’entrer dans la lutte contre la prolifération des armes légères, conscients   de la nécessité, de l’urgence et de l’importance et du rôle des journalistes   dans ce domaine. Le RJSALAO est le premier réseau des journalistes pour la   sécurité et le développement en Afrique de l’ouest ».

Ce réseau a pour objectif de   sensibiliser et d’informer sur la problématique de la paix, de la sécurité et   sur la circulation des ALPC dans la sous région. La promotion des textes   africains et internationaux sur la paix, la sécurité et des armes légères. Le   développement de la citoyenneté démocratique et intégrationniste par la   vulgarisation des textes qui s’y rattachent, l’accompagnement des structures   nationales, sous régionales engagées dans la culture de la paix, la lutte   contre la circulation illicite des armes, la sensibilisation et l’éducation   de la population sur la problématique liée à la sécurité humaine, la   formation des journalistes au droit international humanitaire. La création et   l’animation des desks, rubriques et émissions dans les médias sur la paix, la   sécurité et le développement.

En 2010 il a été demandé à tous   les points focaux de RJSDAO de mettre en place dans leurs pays la branche   RJSDAO pour mieux coordonner leur lutte avec les démembrements de RASALAO   dans le pays.

M Sow a indiqué que depuis 2006,   son organisation évolue dans le cadre des luttes contre ce fléau qui menace   la Guinée. Il y a beaucoup d’armes qui circulent dans le pays, surtout vers   les frontières entre la Guinée et la Sierra Léone, la Guinée et le Libéria,   La Côte d’Ivoire, le Mali et la Guinée Bissau. Et qu’ils ont piloté un programme   sous régional pour lutter contre le fléau dans quatre pays dont le Sénégal,   la Gambie, la Guinée Bissau et la Guinée. En Guinée le chois a porté sur   Koumbia dans Gaoul . La lutte a été menée par un projet « arme contre développement » Les communautés ont été   sensibilisées pour déposer volontairement les armes abandonnées par les   anciennes milices de la révolution, des anciens combattants de la Guinée   Bissau qui avaient pris la Guinée comme base arrière. Quelques 450 armes   auraient été déposées contre un financement de 12 micros projets de   développement communautaire et l’implantation d’une radio communautaire qui   sera bientôt lancée. Des séries de sensibilisation ont été organisées à   Conakry à l’occasion de la journée d’action de lutte contre les ALPC.

Mme Dieng a rappelé que c’est en   1999 que les chefs d’Etats de la sous-région se sont réunis à Bamako, conscients   de l’insécurité, du trafic de drogue, du blanchiment d’argent et du trafic   d’enfant qui sévissent dans la sous-région. Ils ont décidé de mettre en place   un instrument de lutte contre ce fléau. C’est ainsi qu’en 2000 il a été créé   une commission nationale de lutte contre la circulation illicite des armes   légères qui a pour mission de mettre en œuvre la politique du gouvernement en   matière de lutte contre les armes légères. La COMNAT Guinée est composée   d’une dizaine de départements ministériels et des départements techniques qui   ont en charge la gestion d’armes, de la drogue, des trafics d’enfants, et   cinq organisations de la société civile. Elle a également des antennes dans   les Huit régions administratives.

Elle soutient que la Guinée serait   l’épicentre du trafic d’armes légères dans la sous région. Et que plus de   2000 armes ont été récupérées en 2004, des armes caduques qui étaient au   niveau des forces de l’ordre. Plus de 40 000 armes ont été également   détruites à Kakoulima avec le financement de l’ambassade des Etats-Unis.

RASALAO Afrique de l’ouest   regrouperait plus de 300 organisations de la société civile de la sous-région   qui s’impliquent dans le cadre de la lutte contre les armes légères en   Afrique de l’ouest, a indiqué M Bafour. L’ONG collecte et détruit plus d’un   million d’armes dans toute la sous-région.

« En octobre 2005 le président de RASALAO a présenté un projet de convention   sur les armes légères et des petits calibres à la CEDAO pour remplacer le   moratoire sur l’import et l’export des armes dans la zone CEDAO. Les chefs   d’Etats ont assigné la convention en juin 2006. C’est pourquoi RASALAO s’est   donnée une obligation de tout mettre en œuvre pour que tous les pays membres   de la CEDAO ratifient cette convention. Car elle ne devrait entrer en vigueur   si seulement au moins huit pays l’a ratifient. Donc en 2009 la convention est   entrée en vigueur. Quatre pays n’ont pas n’ont pas encore ratifié cette   convention, dont la Guinée, le Gambie, la Côté D’Ivoire et la Guinée Bissau   », a rappelé M Bafour.

Précisons que la Guinée a déjà   ratifié la convention, mais les instruments juridiques n’ont pas encore été   déposés à Abuja. Pour Mme Dieng cela est dû à la situation politique qu’a   traversée la Guinée depuis 2007 :

« Le feu Président Lansana Conté, vu son état de santé ne pouvait pas   signer ces instruments, le Capitaine Dadis non plus parce qu’une junte ne   peut engager un pays et le Général Konaté nous avait dit qu’il ne pouvait pas   le faire parce qu’il était président d’une transition ».

M Baffou se dit réjoui de sa   mission parce que les autorités l’ont assuré que les instruments de   ratification seront déposés dans des meilleurs délais.

« Il n’y a   pas de développement sans la paix et les petits calibres sont l’une des   causes du retard du développement de notre sous région ». a-t il   conclu.

ASB

 

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