Papa Koly Kourouma se fâche : ‘’On n’a pas pitié aujourd’hui de nos imams’’
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- Publié le mercredi 9 septembre 2015 21:52
- Écrit par Djiwo Barry
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Depuis plus d’un an, la Guinée peine à éradiquer l’épidémie à virus Ebola. Le ministre conseiller à la présidence estime que ‘’c’est le comportement individuel des uns et des autres qui fait que nous sommes avec cette épidémie‘’.
‘’C’est pathétique ce que nous vivons avec Ebola dans un pays laïque certes, mais à 97 % musulman. Cela fait 2 ans qu’une épidémie s’abat sur notre pays qui fait de vous des indésirables et qui construit un mur opaque entre vous et le lieu saint ou il y a la bénédiction, d’où vient ce malheur ?‘’, s’interroge-t-il.
Et d’ajouter : ‘’C’est notre comportement à nous tous. Ce n’est pas le professeur Alpha Condé ni le gouvernement seul. C’est le comportement individuel des uns et des autres qui fait que nous sommes avec cette épidémie, personne ne dit la vérité‘’, insiste l’ancien ministre de l’Energie.
Selon Papa Koly Kourouma, ‘’notre grande mosquée est dans un état pathétique. Or, tous les musulmans construisent en longueur de journée‘’. Pour lui, ‘’si chacun acceptait de donner au moins 100 francs ou 100 mille francs guinées, vous pensez que nous ne pouvons pas faire notre mosquée. Mais on est en train d’attendre le budget du gouvernement pour pouvoir dilapider et l’amener ailleurs ‘’.
Pour le président du GRUP, ‘’on n’a pas pitié aujourd’hui de nos imams. Quand un imam devient un commerçant, il est obligé d’aller chercher à manger au lieu que ce soit les fidèles qui s’occupent de son bien-être. Si à 14 ou à 16 heures, il est au marché au moment où on fait l’appel à la prière, il ne sera pas là. A quel moment vous voulez que la mosquée fonctionne, que l’imam soit là pour prêcher ?‘’ s’interroge-t-il à nouveau.
‘’On doit avoir pitié de nos imams. Il faut les mettre dans les conditions de fonctionnement d’un véritable imam. Mais aujourd’hui on n’a pas pitié des imams‘’, fustige-t-il. ‘’Au temps de feu Lansana Conté, les imams étaient heureux et faisaient des bénédictions mais tout cela manque au pays aujourd’hui‘’, rappelle-t-il.
Le ministre Kourouma conclut en ces termes : ‘’Regardez ce que nous devenons. C’est de guerre en guerre. C’est la haine des uns contre les autres. Quand une maladie interdit aux musulmans de se saluer, à l’imam de faire la toilette funèbre de son fidèle, qu’est ce qui reste de la religion si ce n’est pas une malédiction divine qui s’abat sur le pays‘’.
Djiwo Barry, pour VisionGuinee.Info
