Accusé de viol : Cheikh Yérim Seck condamné à 3 ans de prison ferme
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- Publié le samedi 29 septembre 2012 22:36
- Écrit par Elhadji Ibrahima THIAM
Le verdict de l’affaire de viol qui oppose Cheikh Yérim Seck à Ndèye Aïssatou Tall est tombé hier. Le journaliste a été condamné par le tribunal à 3 ans de prison ferme. Il devra aussi payer la somme de 3 millions de francs Cfa à la partie civile en guise de dommages et intérêts. Ses avocats prévoient d’interjeter appel.
Quand, à 10 heures 50 minutes, le clerc annonce l’arrivée des juges, la salle 1 du tribunal, remplie de monde, retient son souffle. C’est la même constitution que celle de la semaine dernière sauf que pour cette fois-ci, le juge Adiyatoula Guèye a échangé sa place avec le juge Kâne qui, en tant que président du jour, est chargé de prononcer le verdict du procès (sans doute le plus médiatique de cette année 2012). Alors qu’on pensait qu’il allait évacuer le dossier Cheikh Yérim Seck en premier, le juge Kâne fait durer le suspens. Deux autres affaires seront vidées, avant qu’il ne soulève la chemise en papier contenant le dossier qui intéresse le public. Et, d’une voix audible, il prononce : «Affaire Cheikh Yérim Seck». Le public retient son souffle. On se tord le cou pour mieux entendre. «Cheikh Yérim accusé de faits de viol sur Ndèye Aïssata Tall est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés.
Par conséquent, le tribunal le condamne à une peine d’emprisonnement de trois ans ferme assortis de dommages et intérêts de 3 millions de FCfa», lâche, d’un ton sec, le juge qui referme le dossier pour attaquer un autre, suivant ainsi le parquet qui avait, dans son réquisitoire, demandé cette peine. Une sentence qui venait de faire l’effet d’un couperet chez les sympathisants du journaliste.
Ceux qui susurraient dans les couloirs que Cheikh Yérim Seck allait s’en sortir, ont alors vite déchanté, car il n’en fut rien. Les extrapolations et autres discussions suivirent. Certains souteneurs de Cheikh Yérim Seck arborent une mine triste à l’instar de Cathy Chimère Diaw et de Dj Boubs, acteurs principaux du téléfilm produit par l’inculpé du jour. D’autres ont même écrasé une larme. Du côté des membres de la famille de la victime, plus particulièrement la maman présente dans la salle, aucune réaction de joie n’a été manifestée.
Droit et moral
Les conseillers de la partie civile n’ont pas jubilé outre mesure. La sentence du tribunal semble être une déception pour eux. «Il n’y a pas lieu de crier victoire car c’est le droit qui a été dit purement et simplement. Le minimum requis est de 5 ans dans ce cas d’espèce. Mais on a retenu à son endroit des circonstances atténuantes. Je ne sais pas où est-ce qu’on est allé chercher ces circonstances atténuantes», se questionne Me Borso Pouye, coordonnatrice du pool des avocats de la partie civile. Néanmoins, elle estime que «l’essentiel c’est la déclaration de culpabilité et le fait qu’il soit mis à l’abri de toute autre forme de nuisance». En outre, elle dit croire que cette décision aura le mérite de dissuader des gens «comme Cheikh Yérim Seck qui sera en repos biologique au moins pendant trois ans».
Selon l’avocate, les dommages et intérêts seront destinés à des associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Du côté de la défense, on juge cette «sentence très sévère et fortement critiquable voire injustifiée». Par voie de conséquence, révèle Me Abdou Dialy Kâne, la défense va interjeter appel pour que cette décision soit cassée. Me Kâne reste toujours convaincu que son client n’a pas commis un délit de viol et que cette condamnation prononcée n’est pas fondée en droit. «Cheikh Yérim Seck est coupable sur tous les plans, sauf sur le plan du droit. Dans ce pays, on fait trop de confusions. On confond le droit à la morale, on confond le droit à la religion. Donc nous pensons que Cheikh Yérim Seck a été condamné sur la base de considérations qui n’ont rien avec le droit». Ils ont un mois pour interjeter appel. Ce sera le procès de la dernière chance. Cependant, il devra se représenter devant la barre le 2 octobre sur une affaire qui l’oppose à Mlle Thioro Balbaki.
Elhadji Ibrahima THIAM
source : Le Soleil
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