« Avec ses moyens occultes violents, le Komo..

« Avec ses moyens occultes violents, le Komo qui est une sorte de syncrétisme entre les croyances mystiques et surnaturelles de l'Afrique et la religion musulmane ».

N’était la sympathie que j’éprouve pour ALB, commentateur fidèle d’un certain « site pas comme les autres pour d’autres », (1) interventions plus inspirées ou mieux documentées, je dirai que cette réponse  à propos du Komo et des autres pratiques « animiste » ne fait qu’ajouter à la confusion. Pire, c’est une totale régressions par rapport à la lutte critique des « nouveaux » philosophes historiens et anthropologues, africains qui ont arraché nos « rites » au fatras européocentriste le mieux disposé à l’égard de nos traditions. Cela avait commencé par la lutte acharnée, scientifique du savant Cheick Anta Diop, s’est poursuivi avec ses jeunes disciples, dont le Congolais Théophile Obenga. En philosophie, nous avons eu le Beninois Paulin Hountondji, les Camerounais Fabien Eboussi Boulaga, Macien Towa. Ou leur jeune  compatriote Achille Mbembe qui peut être rangé dans l'escadron des plus jeunes critiques de La Raison-européo-françafricaine ». Ils ont ôté les chaînes qui enserraient La « Philosophie bantoue », ce « Muntu » du Révérend Père Temples qui agite les cailloux et les troncs d’arbres devant lesquels ces Nègres décidément aiment danser. La tâche ayant été rendue plus aisée après que Lévy-Bruhl se soit repenti aux pieds de « La mentalité prélogique des Nègres ». En Histoire on n’oubliera pas le grand doyen K Zerbo, les plus jeunes Boubacar Barry. Bref, les chercheurs anglo-saxons ont été les premiers à bannir de leur « concept », les vocables « animiste », sorcier, prêtres et autres maîtres de cérémonies dont les noms sont maintenus dans les langues des pratiquants des rites concernés. Rites également dépouillés d’attributs infantilisants qui les hantent, évacuant l’essence sacrée qu’ils véhiculent. Au point qu’aujourd’hui les chercheurs de tous champs confondus, essaient de distinguer soigneusement Religion et Sacrée, la première étant de pus en plis réservée aux trois monothéismes, tout en reconnaissant la haute spiritualité des rites, qui ne sont plus réduits aux fantasmagories où l’on n’y  voit qu’on mélange plus ou moins folklorique de farces villageoises (théâtre) et de grimaces de personnages qui se cachent derrière un masque.

Avant de parler de masque et du Komo par exemple, il faudrait savoir ce qu’on entend par rite et par rituel. Mais alors il faudrait un ouvrage complet, sinon un essai de plusieurs dizaines de pages. Mais en simplifiant à l’extrême, je dirai qu’il y a trois catégories de rites. Les rites de passage d’un état de l’Etre à un autre, les rites qui renvoient à un passage de l’étant ou de l’existence pour grossir les traits à un autre étant. Et enfin les rites intermédiaires qui sont une sorte de conflit, de télescopage entre les deux et qui amènent un dysfonctionnement de l’entité collective considérée. Les rites de passage de l’étant sont grosso modo, ceux liés à ce bas-monde, qui nous aident à le réintégrer ou à l’intégrer pour nous-mêmes et pour les autres. Les rites de passage d’un état de l‘Etre à un autre sont ceux qui empruntent la voie de l’initiation qui nous amène à réintégrer le Centre, le centre de notre Etre tous deux perdus de vue et qui s’identifient à l’Identité suprême, au Soi Eternel, à l’Un où se rejoignent toutes les religions, les monothéismes y compris. Alors même que les voies empruntées ne soient pas les mêmes. Certains étant passés par l’Eglise, d’autres par la mosquée ou la synagogue et d’autres encore par le Bois sacré, où des Karasamaw (grands initiés bamanas) leur délivre en langue secrète, écrite, les secrets du Grand Secret. Ceux qui vont jusqu’au bout deviennent dans le cas bamana du Korè, le denier des 7 grands rites dont le Komo, ceux-là deviennent des Korèdiugas : des saints ! Le populo bamana-manding les prend pour des fous, des pitres. D’ailleurs une des grandes séquences du Korè sacré qui se passe hors du Bois sacré a donné le Kotèba (de korè, substitution bien connue des linguistes) grande farce villageoise très populaire comme le dyonisies ont donné le théâtre occidental. La partie profane s’étant émancipée de la partie sacrée, en se sécularisant.

Cela suffit déjà pour mettre à nu le non-sens des mots imprudemment employés par ALB, qui ramène le Komo à des « ..moyens occultes violents.. » !

Mais je n’ai pas encore fini de faire le ménage pour parler de masque et enfin seulement de tel masque, comme le Komo. Je préviens, je parlerai plutôt du Korè que je connais mieux et qui récapitule les 6 autres grands rites bamana-mandingues. Les notes concernant ce « sujet » se trouvant dans logiciel emprunté par un confrère androïde..

(A suivre)

Hal

Note (1) : http://guineeactu.info/debats-discussions/chroniques/1526-prelude-a-une-revolution-islamique-en-pays-malinke--qui-etait-fode-drame--3e-partie-et-fin.html

PS : le même ALB aligne « Bambara, Dyula.. ». ». Dioula » n’étant qu’un Bamana-manding, chercheur de Vérité..  

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