Elevage : le Président Alpha Condé veut un secteur moderne
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- Publié le jeudi 22 mars 2012 14:58
- Écrit par Diawo Labboyah
Ici pintades et bifetk moderne
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Après les agriculteurs et les éleveurs, le Président Alpha Condé a reçu ce 21 mars les éleveurs aux Cases de Belle vue. Réunis au sein de la CONEG (Confédération nationale des éleveurs de Guinée), ceux-ci viennent de toutes les filières : bétail, viande, porciculture, aviculture, apiculture, lait, bouchers, vétérinaire, marchands du bétail et autres.
Dans son discours d’ouverture, le Président de la République a dit sa volonté de voir l’élevage guinéen se moderniser. Ceci pour lutter contre la divagation des animaux et améliorer leur rentabilité en poids, lait et viande :
« Nous sommes dans une économie moderne. On ne peut plus faire l’élevage comme on le faisait avant. On ne peut plus élever une vache comme son propre fils, en lui donnant un nom. Il faut que tous les éleveurs s’adaptent à la nouvelle situation. Aujourd’hui, les éleveurs utilisent des téléphones portables et beaucoup d’autres instruments modernes que nos grands parents n’utilisaient pas. Donc, on ne peut pas dire qu’il faut que nous restions fidèles à nos traditions ».
Alpha Condé ne veut pour autant pas imposer la mesure. D’ailleurs, s’estimant néophyte dans le secteur, il a préféré écouter ses hôtes.
Les éleveurs ont sauté sur l’occasion pour déballer leurs maux et formuler des vœux qualifiés de pieux par certains. Ces problèmes sont entre autres : les problèmes fonciers dans les zones rurales qui entraînent des conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, les tracasseries policières et douanières au niveau des barrages, l’état de délabrement des abattoirs, la réduction des espaces ruraux à cause des concessions minières, le vol de bétail (souvent impuni), les maladies, le manque de financement et de crédits.
Jacqueline Sultan, membre du CONEG a dit :
« Notre secteur représente la deuxième activité rurale après l’agriculture. L’élevage est pratiqué par près de trois cent mille familles et regroupe un ensemble d’acteurs évoluant dans différentes corporations organisées en filière ».
La porte-parole de la CONEG a expliqué que l’élevage est un secteur de croissance et pourvoyeur d’emplois qui peut jouer un rôle capital dans le combat pour la sécurité alimentaire. Et de compter sur le Président de la République pour atteindre les objectifs et faire face aux défis et contraintes du secteur.
Pour faire face aux contraintes énumérées plus haut, les éleveurs ont égrené un chapelet de recommandations. Mais le président Alpha Condé rejettera la plupart d’entre elles, pour n’en retenir que trois : fournir des médicaments pour soigner les animaux contre des maladies comme la rage, acheter des motos pour faciliter la mobilité des agents de services techniques d’encadrement des éleveurs dans 340 postes d’élevage et subventionner l’alimentation du bétail pour fixer les éleveurs et leurs animaux sur place. Il a invité les éleveurs à assumer leurs responsabilités et ne pas dépendre éternellement des subventions de l’Etat. L’urgence selon lui, c’est la campagne agricole qui serait temporaire. Tant disque, l’élevage pourrait être financé à n’importe quelle période. Dame Jacqueline a beau déclarer :
« Nos doléances semblent disproportionnées, mais elles sont réalistes ».
La réponse d’Alpha Condé reste ferme :
« Vous êtes têtus. Vous n’avez pas les mêmes contraintes que les agriculteurs, on peut vous financer à tout moment ».
La rencontre qui a duré de huit à dix-neuf heures ne semble pas avoir satisfait les participants.
« Tu vas poser dix doléances, il n’en retiendra qu’une seule » a regretté un éleveur.
Diawo Labboyah
