Dossier Passeports biométriques
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- Publié le lundi 23 avril 2012 22:25
- Écrit par Mouctar Diallo
La tentative de fraude du ministre Koulibaly
Alors que l'opinion nationale et internationale attend, dans la transparence caractérisant un pays sérieux et un régime qui a fait le pari du changement, la publication des résultats découlant de l'examen par le comité d'audit des différents dossiers et offres présentés par trois prestataires et relatifs à la confection des passeports biométriques guinéens et qui avaient tous signé des contrats avec l'Etat guinéen, le ministre du contrôle économique et financier, Aboubacar Sidiki Koulibaly, à la surprise générale et en catimini, se laisse surprendre en flagrant délit d'incompétence dans une lettre d'attribution du marché adressée au Libanais Sleiman OBEID de la société Africard (un des trois soumissionnaires). C'est une déception, pis une honte de la part de ce jeune cadre de la 32e promotion de l'université guinéenne que les hasards de l'histoire ont propulsé à un niveau si élevé de l'appareil administratif et politique du pays, dont on est convaincu désormais que le mérite n'y est pas pour grand chose. Même si son parcours laisse planer de forts doutes sur sa moralité, avec des variations politiques au gré du vent qui vont de Lounceny Fall, premier ministre à Alpha Condé, président de la République via Lansana Kouyaté, premier ministre, président du PEDN (parti par lequel il siège actuellement au conseil des ministres), Koulibaly, par cet agissement, provoque l'indignation générale au sein des services de sécurité qui constituent à leur égard un acte de ''HAUTE TRAHISON'' sous l'emprise de la corruption devenue le seul argument d'Africard, selon ses concurrents, pour se faire valoir dans un terrain qui lui est totalement inconnu comme la fabrication des documents de voyage sécurisés. Le ministre du contrôle économique et financier, non qualifié et incompétent pour engager l'Etat, par sa décision hasardeuse et suspecte, soulève cette gênante question pour tout ministre qui se respecte: de quoi se mêle le ministre Koulibaly ? Cette question est sur toutes les lèvres à Conakry et en dehors de la Guinée où nos partenaires de la CEDEAO et de la communauté internationale voudraient que le régime de changement du Président Condé sorte enfin la Guinée de ses petites combines ancrées dans les veines de certains responsables incorrigibles. Partout le cri de révolte se manifeste par cette question : dans quel état sommes-nous? Celui où chacun peut s'arroger des pouvoirs qu'il désire et marcher sur les plates-bandes de ses collègues quand il le veut et comme il le veut?
Espérons que non. Cependant, s'il voulait provoquer le ministre -pardon- les ministres en charge de la sécurité (le général Toto Camara et Mouramani Cissé) ou chercher un pou sur la tête du président du comité d'audit, Jonas Diallo, le ministre Koulibaly ne se serait pas pris autrement. Alors que les créances de l'état se volatilisent, il se montre pratiquement incapable de faire la lumière sur les contentieux financiers entre les tiers et l'Etat guinéen encore moins recouvrer les montants qu'il a personnellement annoncés publiquement sur le plateau de la télévision nationale. Koulibaly semble vouloir enfoncer la Guinée dans l'insécurité totale en décidant unilatéralement de confier la stratégique responsabilité de confection des passeports biométriques, exposant ainsi la vie des Guinéens à des inconnus aventuriers, à accorder ce marché sensible à de vrais amateurs en matière de fabrication des documents sécurisés de voyage et d'identification. C'est un jeu dangereux dont il aurait fait l'effort d'évaluer les risques; à défaut cela explique cette fuite en avant du ministre du contrôle financier et économique. Le locataire de a primature ignore t-il que le patron de Sékhoutouréyah a déjà sur sa table et depuis les conclusions de l'équipe de Jonas Diallo? Ou face à la réservede son patron, le Premier ministre voudrait jouer enfin le va-tout pour préserver ses intérêts dans une affaire qu'il manipule depuis longtemps. Nul n'ignore que c'est Said Fofana, en personne, qui avait parrainé la cérémonie de signature du scandaleux contrat avec les malaysiens. Contrat, fort heureusement pour la Guinée, vite dénoncé et annulé. Au lieu de privilégier alors la transparence en publiant d'abord les résultats du rapport du comité d'audit, et en lançant, au besoin, un appel d'offres international, pour confier le travail indispensable à une société compétente, crédible, outillée et réellement experte en la matière, on continue de se cacher dans les magouilles qui trahissent forcement le changement qu'attendent les Guinéens. Il est encore plus urgent aujourd'hui qu'hier que le Président Alpha Condé encadre ses troupes dont les agissements de tous les jours trahissent ses ambitions annoncées pour la Guinée.Dangers pour sa propre carrière d'abord, l'image de son régime, la sécurité de ses compatriotes ensuite.
