Lutte contre le régionalisme et l’ethnocentrisme : l’ONG Guinée Unité s’engage
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- Publié le mardi 24 avril 2012 17:13
- Écrit par Asmaou Barry
Le 20 avril dernier, l’ONG Guinée Unité, a organisé une conférence de presse, à la Maison de la presse (MDP) sise à Moussoudougou. Objectif ? Dénoncer et fustiger l’ethnocentrisme et le régionalisme qui obstruent l’évolution politique en Guinée.
Mme Mamady Fanta, Présidente de Guinée Unité, M. Diabaty Doré et Hadja Tiguidanké Baldé, membres de ladite organisation ont dirigé la partie.
D’entrée, M. Diabaty Doré, a mis un accent particulier sur l’exacerbation de l’ethnocentrisme et le régionalisme en Guinée :
« Toutes choses, dit-il qui crèvent les yeux de tout observateur attentif de la situation guinéenne ses dernières années. ».
En 1992 lorsqu’il s’est agi de légaliser les Partis politiques, le Président Lansana Conté aurait suggéré la formation de deux partis seulement. A savoir : la Mouvance présidentielle et l’opposition. Le conférencier fait un rappel :
« C’était alors, une façon pour le Président, d’éviter de tomber un jour dans l’ethnicisation du débat politique. Mais son appel est tombé malheureusement dans des oreilles de sourds. Certains sont allés jusqu’à lui prêter l’intention de brider le processus démocratique enclenché dans le pays. Le Général Lansana Conté a dû revenir sur son jugement pour ne pas passer aux yeux de ses détracteurs et de la communauté internationale pour un dictateur ou un pire ennemi de la démocratie. ».
Conséquence, souligne-t-il, les Partis politiques ont été créés sur des bases essentiellement ethniques et régionalistes.
« Le patronyme d’un homme politique suffisaientt largement pour adhérer à son Parti. L’ethnie et la région d’un leader primaient sur son projet de société. C’est pourquoi, nombreux sont les observateurs qui n’hésitaient plus à présenter les Partis politiques guinéens comme des regroupements ethniques », ajoute-t-il, l’air quelque peu dépité.
Un constat, secret de polichinelle tout de même :
« De 1993 à nos jours le RPG d’Alpha Condé a été considéré comme le Parti des malinkés. L’UNR de Bah Mamadou et le PRP de Siradiou Diallo ont été toujours présentés comme des partis peulhs. L’UPG de Jean-Marie Doré comme la formation politique des forestiers. Le PUP du Général Lansana Conté passait pour un Parti des Soussous. Aujourd’hui, l’UFDG de Cellou Dallein Diallo et l’UPR de Bah Ousmane n’échappent pas à cette catégorisation des Partis sur des bases ethniques et régionalistes. C’est au regard de ce triste constat que tous les Guinéens patriotes ont fait état de leurs vives inquiétudes lorsque le Général-Président Lansana Conté a rendu l’âme. ».
Et viennent les éloges :
« Aujourd’hui, force est de constater, avec un certain bonheur, que le Président de la République ne rate aucune occasion pour appeler ses concitoyens à l’unité et dénoncer ouvertement toutes celles et tous ceux qui pensent naïvement que l’ethnie peut être utilisée comme une arme politique pour conquérir le pouvoir. ».
Amen !
Au regard de cet exposé peut-on dire que l’ethnie constitue aujourd’hui une menace pour la paix en Guinée ?
M. Doré croit trouver la potion :
« Les diversités ethniques et culturelles ne constituent pas seulement un danger pour la paix, mais aussi une richesse favorable au développement si elles sont gérées. Une nation multiculturelle est toujours composée de différentes potentialités qu’il faut savoir gérer dans l’intérêt commun de la société et empêcher ainsi qu’elles ne se transforment en différences. »
Il y a-t-il un moyen pour y remédier ?
Il n’est jamais trop tard pour bien faire :
« La lutte contre le favoritisme, les inégalités de chance, toujours tenir compte des compétences et des origines ethniques ou régionales, la lutte contre la corruption et l’impunité. Pour mieux aboutir, faire tout pour empêcher les mêmes gens de se hisser au pouvoir politique, instaurer un état de droit fiable doté d’une justice indépendante, répartir et limiter les pouvoirs. Les gabegies de ces cinquante ans ont conduit la Guinée presque à la ruine, chacun sait que près de 20 % des fonctionnaires Guinéens rémunérés sont fictifs, certains vivent aux USA, en Suisse, en Europe, d’autres sont mêmes morts. Il faut trouver des solutions à tout ça.. » .
Allah Akbar !
