Conférence de presse des ressortissants guinéens au Sénégal sur la situation de crise politique et sociale en Guinée Conakry
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- Publié le mercredi 30 mai 2012 22:58
- Écrit par Souleymane Diallo

Dakar le 16 mai 2012 au siège de la RADDHO – Sénégal
Mesdames, Messieurs les invités,
Mesdames, Messieurs les Journalistes et professionnels des médias,
Le Collectif des ressortissants guinéens au Sénégal vous remercie sincèrement d’avoir répondu à son invitation pour participer à cette conférence de presse afin que nous nous penchions ensemble sur la situation de grande instabilité et d’insécurité en Guinée Conakry.
En effet, après cinquante ans de dictature et une brève junte militaire qui s’est terminée dans le sang avec le massacre du 28 septembre 2009 dans le stade du même nom, la transition en Guinée, malgré l’élection en novembre 2010 du Président Alpha Condé à l’issue d’un scrutin houleux et contestable qui a connu une interruption de 6 mois de l’entre-deux tours, cette transition disais-je, s’enlise dans l’organisation d’élections législatives, source d’affrontements entre l’Opposition et le Pouvoir en place.
La Guinée ne peut se permettre ni un bricolage du système électoral, ni une nouvelle campagne fondée sur des arguments éthniques. Or, le Pr Condé s’obstine à vouloir organiser des élections législatives dans ces conditions avec une CENI très décriée, dirigée par M. Lounceny Camara, l’homme par qui tous les scandales du 1er tour des présidentielles sont survenus et qui l’ont disqualifié.
Nous réclamons l’organisation d’élections législatives libres, transparentes, crédibles, acceptables et acceptées par tous les acteurs avec la participation des Guinéens de l’Extérieur conformément à l’article 2 de la Constitution et aux articles 3, 11, 63, 72 du Code électoral guinéen.
Au moment où des crises graves secouent certains pays de notre sous-région, nous lançons un appel pressant aux institutions internationales telles que l’Onu, l’UE, l’UA, la CEDAO, le Groupe de contact international en Guinée, le Bureau des Nations unies pour l’Afrique ainsi que les ONG et les orgnidsations de la société civile (OIDH, International CRIS group, la RADDHO le Groupe des Amis de la Guinée et toutes les organisations locales du même genre), d’intervenir pour stopper cette dérive déjà marquée par des affrontements entre les populations et le forces de l’ordre, se soldant par des blessés et des morts.
Il est inacceptable qu’au moment où le Sénégal vient de donner une démonstration éclatante d’une alternance réussie qu’en Guinée Conakry, on s’enlise dans une transition interminable et douloureuse.
Nous dénonçons à ce propos, l’entêtement insensé de M Lounceny Camara, par ailleurs membre du Parti au pouvoir et déjà disqualifié depuis les élections présidentielles à se cramponner à la présidence de la CENI, malgré une condamnation des tribunaux pour ses actes frauduleux au sein de cette instance. Nous souhaitons l’implication de toutes les autorités des pays de la sous-région dans la résolution de cette impasse.
Mesdames, Messieurs, le temps qui nous est imparti ne saurait suffire pour évoquer tous les maux dont souffre la Guinée Conakry. Et c’est pourquoi avec une mention spéciale de remerciements à M. le président de la Raddho et de son équipe d’avoir accepté de nous recevoir ici, je vais devoir m’arrêter là dans l’espoir qu’avec les débats que cet exposé va susciter en vue de régler le problème guinéen avant qu’il ne soit trop tard, au risque de compter une nouvelle crise dans la sous-région !
Je vous remercie !
Souleymane Diallo porte parole du Collectif des Guinéens au Sénégal
