Malaise dans les universités publiques
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- Publié le lundi 25 juin 2012 19:59
- Écrit par Macki Daff.

Les dessous des agitations dans les campus
Un grand malaise règne dans les différentes universités publiques du pays. Pour les uns, les ficelles sont tirées par les politiciens. Pour les autres, le paiement des bourses d'entretien aux étudiants en serait la cause. Mais pour un troisième groupe, le mal serait ailleurs et profond. Quoiqu'il en soit, une chose est évidente. Si les autorités ne prennent pas le casse-tête estudiantin à brale-corps, la bombe à retardement pourrait péter dans les campus et la cohésion sociale risque d'être compromise. C'est en tout cas le sentiment qui semble se dégager à la suite d'une enquête réalisée par notre rédaction dans certains campus. Nos universités sont malades et les étudiants qui y sont ''fabriqués'', c'est un terme en vogue, (voir Cahîne, de Saïdou Nour Bokoum, éd. Denoël 1974, ndlr), des laissés pour compte. Entre le 26 Mars et fin Mai, en l'espace de deux mois seulement, cinq grognes estudiantines ont été enregistrées à Kankan, Sonfoniah, Lambanyi, Labé et Boké. Et rien n'indique que les autres campus sont exemptés de la tentation. Si à Kankan et à Lambanyi, les manifestants ont fait preuve plus ou moins de pacifisme, à Sonfoniah et à Boké, par contre, les étudiants se sont livrés à des actes de vandalisme, faisant ainsi une quinzaine de blessés, des voitures endommagées, suivis d’arrestations.
En effet, toutes ces protestations enregistrées ça et là, ces derniers mois, ont une et unique raison, le paiement intégral des bourses d'entretien et d'études autrement appelées ''pécules'', qui varient de 85 mille à 115 mille francs guinéens selon les promotions. Apparemment, c'est la principale revendication de la plupart des étudiants contactés. Mais si les grognes ont dégénéré et les protestations sont parties d'un campus à un autre, des sources bien informées citent surtout les audits réalisés dans nos universités, qui ne seraient pas du tout du goût de certains gros bonnets tapis dans l'ombre qui en tireraient profit. Les manœuvres sont connues : on omet un groupe par-ci, on manipule une poignée d'étudiants par-là. Et on s'enferme dans son bureau climatisé pour observer l'agitation dans les campus. Le lendemain, on peut bien crier aux omissions parce que le topo a marché. Le comité d'audits a sillonné les universités des mois durant pour contrôler les effectifs, il est vrai, mais les auditeurs ont eu le mérite de déceler près de 40 mille fictifs.
C'est quand même énorme comme gâchis financier. Malheureusement, des petits malins veulent faire croire aujourd'hui que ces fictifs ne sont que des omis. Soit ! Cinq mille omis, malades ou absents, ça se comprend mais jusqu'à 40 mille, c'est le monde à l'envers assurément. Vu tous ces aspects, il est impératif pour le Président Alpha Condé de relancer les audits non pas dans les universités seulement, mais dans les autres secteurs comme la santé, l'éducation, etc.
Macki Daff.
