La presse privée entre mépris et intimidation
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- Publié le lundi 25 juin 2012 20:52
- Écrit par Ousmane Barry
Qui tire les ficelles ?
Beaucoup de confrères de la presse privée ont successivement eu chaud dans l'exercice de leur métier cette semaine. D'abord, c'est notre confrère Abdourahmane Diallo de la radio Horizon Fm sise à Coléah qui a été passé à tabac sur l'Autoroute Fidèle Castro, non loin du marché Madina par un policier et deux bérets rouges. Selon nos sources, il a été aspergé d'eau, puis frappé, et insulté. La scène s'est déroulée lors du sommet des Chefs d'Etat de la Mano River Union à Conakry. Ensuite, c'est notre confrère Hassimiou Souaré, le chef de bureau du site Africaguinée, qui a reçu des appels anonymes sous fond de menace de mort. Le crime ? Son article intitulé «L'attentat du 19 Juillet est un montage » paru dans sur son site, qui a été d'ailleurs repris par notre hebdomadaire. Les auteurs anonymes qui font exploser son répondeur téléphonique l'accusent de vouloir brûler le pays. Et pititi patata. Bon Dieu, où a-t-on vu une plume brûler un pays ? Enfin, c'est notre ami, Lamine Mognouma Cissé, de la Radio Djigui FM sise à Cosa en face du camp Alpha Yaya Diallo, qui a reçu la visite inopinée des fidèles de Claude Pivi de la garde présidentielle.
Ceux-ci accusent le plus sportif des journalistes guinéens, tant pis pour son complice Saa Momory Koundouno, d'avoir parlé de Coplan dans son émission, alors que non. L'animateur de l'émission « Le Quotidien » n'a pas sourcillé, contrairement à l'autre confrère tapis près de la présidence, qui aurait tremblé de la tête au pied. A tous ceux qui nous intimident, nous leur dédions librement les matinées plurielles (suivez notre regard). Au même moment, c'est le Président Alpha Condé qui entame une ballade dans le monde sans se faire accompagner d'aucun journaliste de la presse privée. Et son gouvernant kilomètre 36 est le premier à clamer sous tous les toits que la presse est le quatrième pouvoir.
Zoum
Source l’Obs Guinée
