Ville morte en Guinée : à Conakry elle est «forte »
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- Publié le jeudi 28 juin 2012 22:04
- Écrit par ASB
Ce jeudi 28 juin l’Opposition guinéenne réunie au sein de l’ADP et du Collectif a appelé ses militants à observer une journée ville morte. Mais voilà, le mot d’ordre n’a pas été largement suivi par la population, notamment les dans le quartier des affaires. Kaloum où se trouve le bloc administratif, les activités vont bon train. Administration, Banques, Assurances et les activités du secteur informel restent animées. Le marché de Madina, généralement considéré comme fief de l’Opposition a ouvert, des boutiques et marchés de la Haute Banlieue de Conakry étaient à moitié ouverts la matinée. La circulation est intense avec comme d’habitude des embouteillages pendant les heures de pointe. Selon des informations, dans certaines préfectures de l’intérieur du pays le mot d’ordre est largement suivit. A N’Zérékoré il semblerait que le préfet aurait donné des instructions pour la fermeture du marché et de toutes les boutiques de la ville. Quoiqu’il affirme que cette fermeture est liée à des problèmes qui opposent les locataires et les boutiquiers...
Nombres d’observateurs de la situation politique du pays estiment que les gens ne peuvent pas enchaîner des journées ville morte ou des manifestations de rue quand on sait que le guinéen « tire le diable par la queue ». Une dame exprime sa colère :
« On n’est fatigué de ces journées ville morte ! Nous c’est lorsque nous sortons pour aller au travail que nous obtenons la dépense pour le prochain jour. Nous avons des familles à nourrir, donc les journées ville morte ne nous arrangent pas. Quand on ne sort pas nous ne gagnons pas d’argent ».
Un autre de renchérir :
« Ceux qui appellent à des journées ville mortes ont suffisamment d’argent pour nourrir leurs familles. C’est vrai qu’on a le droit de manifester lorsque nous constatons que les autorités vont droit au mur ou alors ne tiennent pas en compte les revendications de nos leaders politiques mais (il) faut penser aux pauvres populations que nous sommes ».
Le 27 juin, les leaders de l’Opposition étaient devant la presse pour parler de la crise politique que vit la Guinée. M Aboubacar Sylla le porte parole du Collectif et de l’ADP a justifié la journée ville morte par l’impasse politique due au manque de dialogue :
« Le Président de la République reste totalement sourd à tout dialogue ». En conséquence, « L’ADP et le Collectif ont décidé de continuer tranquillement à dérouler leurs activités, leur manifestations dans le pays. Le 28 juin, nous avons décidé d’en faire une journée ville morte à Conakry et de manifestations en France, où nous avons demandé à toutes nos sections de France et d’Europe de manifester à l’occasion de l’arrivée du Président Alpha Condé dans ce pays pour que la Communauté internationale et précisément ses hôtes sachent que, dans son pays, rien ne va ».
Parlant de la marche pacifique prévue sur l’autoroute Fidel Castro, il a indiqué que celle-ci attendra le retour du chef de l’Etat qui est en tournée à l’extérieur du pays, notamment en Asie et en Europe.
« Nous avons également décidé que dès que le Président Alpha Condé rentrera en Guinée, dans les jours qui vont suivre, nous allons organiser notre marche pacifique qui va se dérouler comme prévu sur l’itinéraire que nous avions fixé, c’est-à-dire l’autoroute : du rond-point de Matoto à l’esplanade du Stade du 28 septembre. Nous allons faire en sorte que cette marche ait effectivement lieu aussi à l’intérieur du pays ».
ASB
