La jarre trouée du royaume de Béhenzin ailas Alpha FEANF : deux ministres sur la sellette du CNT
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- Publié le vendredi 29 juin 2012 23:33
- Écrit par ASB et SN Bokoum
Treize milliards glissants, 25 millions, 150 millions de dollars : le guichet unique serait-il devenu un couscoussier criblé de trous ? Ou la fameuse jarre brandie par Alpha lors de son "intronistaion" (lapsus volontaire De JMD ?)
Le 28 juin le Ministre des Mines et de la géologie et M. Kerfala Yanssané Ministre de l’Economie et des finances étaient devant le CNT pour parler des deux affaires qui font couler beaucoup d’encre et de salive depuis quelques temps en Guinée, à savoir la tentative de détournement des 13 milliards de francs guinéens par des cadres du Départements des finances et de la Convention de prêt de 25 millions de dollars, signée par le Ministère des Mines avec le société Palladino.
L’affaire des 13 milliards est portée devant les tribunaux, rappelle Kerfalla Yansané qui soutient qu’il ne lui appartient pas de faire des supputations à ce sujet.
Il se reprend et lâche : « je suis quand même à l’aise pour vous donner quelques éclaircissements ».
Le Ministre de l’Economies et des finances a parlé d’un circuit financier qui pèche par le manque de rigueur, de probité morale de certains cadres de l’Etat. Et le ministre de se demander comment de faux bons de sortie d’argent ont pu être glissés dans un parapheur officiel contenant d’authentiques billets de sortie et que ces documents suivent tout un circuit jusqu’à la Banque centrale de la République de Guinée ? Il explique que les dépenses courantes sont initiées par les départements ministériels à travers les DAAF (Direction des affaires administratives et financières). Les bons de commandes sont signés par des personnes assermentés. Mais, cette fois-ci, des personnes mal intentionnées auraient trompé la vigilance de tout le monde. Jusqu’à imiter sa signature. Il se dit dépassé par le cours des événements. Il n’y pas eu de décharges. Il y a eu des lettres individuelles qui ont été introduites de manière frauduleuse dans un circuit de paiement, sans cahier de transmission. Et le montant est sorti. Extraordinaire pour les commanditaires. Et comme pour tempérer les ardeurs des conseillers du CNT, le ministre calme le jeu. Pour lui, Le topo a été éventré lorsque seulement 3 milliards ont été débloqués. Selon lui, il ne reste que 500 000 francs guinéens.
« Pourquoi y a-t-il eu des circuits parallèles si c’est le Ministre qui a signé ? Faisons naïvement confiance à notre justice. Il ne m’appartient pas d’élargir quelqu’un des mains de la justice », dit le ministre de l’
l'Economie et de rajouter d’ailleurs qu’il y aurait « des tractations en cours pour étouffer l’affaire, mais ça ne passera pas ».
Qui sont les commanditaires de ces tractations ? Les membres du CNT n’ont pas posé cette question au ministre. Mais Ils ont quand rebondi aux propos du ministre sur la justice guinéenne :
« C’est une institution quand même, je ne sais pas s’il veut dire que la Justice n’est pas crédible ou alors si elle n’est pas compétente ou indépendante », a lancé un conseiller.
Le ministre des mines et de la géologie quant à lui, a commencé par dire qu’il est heureux d’être devant le CNT pour expliquer comment « ils ont détourné les 25 millions de dollars », comme pour narguer les conseillers du CNT. Au lieu de parler de l’affaire des 25 millions, il raconte l’histoire de la SOGUIPAMI, révèle plutôt qu’une sommes de 150 millions de dollars seraient « sortis » (des parapheurs ? ndlr) et qu’une procédure est encours de signature pour les « retrouver », que 72 millions seraient déjà dans les mains de l’Etat. Il exprime ensuite son mécontentement face aux médias privés. Alors que le CNT voulait juste savoir pourquoi le gouvernement a signé une convention avec une société étrangère sans soumettre cette convention au CNT pour ratification.
Les conseillers du CNT ne semblaient pas convaincus par les explications des ministres. L’un d’entre eux a émis des réserves sérieuses sur des partenaires comme Palladino qu’il suspecte de n’avoir qu’une boite postale comme adresse. Aucune autre structure. Il pose des questions à savoir notamment où sont domiciliés les 25 millions de dollars ? Qu’est-ce qui prouve que Palladino est un partenaire fiable ? Est-ce que le gouvernement guinéen ne s’est pas laissé flouer ?
certains membres de la commission Communication du CNT mécontents des attaques des ministres contre les médias, ont réagi. Le président de la dite commission a demandé au ministre s’il confirme que sa signature a été imitée ? Un autre membre de la commission renchérit :
« Lorsqu’un Etat garde le silence sur des sujets aussi préoccupants, les journalistes ont le loisir d’utiliser le conditionnel pour informer, si l’information n’est pas vérifiée. La nature à horreur du vide ».
Un autre de poursuivre : « Monsieur les ministres, je comprends votre désarroi ».
Il se félicite que les medias aient crevé l’abcès, car dit il, les deux ministres n’ont pas voulu communiquer sur ces deux affaires surtout aux medias privés, mais ils ont tout de même répondu à des questions taillées sur mesures dans les medias d’Etat. Et ça n’a accroché personne, dit-il. Moralité, les medias privés vont-ils croiser les bras ? Les réactions n’ont pas cessé de tomber car un autre membre de la Commission communication prend la parole qui note quant à lui :
« Les deux ministres ont jeté des boulets rouges sur les medias » qui ont fait leur devoir d’informer.
Finalement, tous les conseillers étaient presque révoltés des propos « déplacés » des deux ministres sur les médias et la Justice guinéenne. C’est ainsi qu’ils ont enfoncé le clou et ont posé d’autres questions pertinentes dont les réponses ont peu convaincu.
C’est ainsi que les conseillers ont notamment demandé pourquoi on limoge par décret présidentiel des prévenus, présumés auteurs de la tentative de détournement des 13 milliards de francs guinéens alors que le tribunal n’a pas établi leur culpabilité ?
On en oublie même la présence de deux autres ministres, Loucény Nabé, Gouverneur de la BCRG et Mohamed Diarré ministre délégué du Budget qui ne se sont pas fait entendre. Certainement pour éviter des questions gênantes.
ASB
