Conakry : déluge sur les bidonvilles (ERAPMOS et SN Bokoum)
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- Publié le samedi 28 juillet 2012 16:04
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Des maisons remplies d'eau, c'est la triste réalité de bon nombre de quartiers de Conakry, suite aux fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale guinéenne dans la nuit du vendredi. En effet c'est dans les environs de 23 heures qu'une pluie diluvienne a commencé à arroser la capitale guinéenne. Pendant toute la nuit, de fortes averses ont perturbé le sommeil des citoyens du quartier de Dabondy 2 dans la commune de Matoto qui étaient sur pied depuis 2 heures afin de vider les maisons gorgées d'eau. Des boutiques et concessions ont fait les frais de cette "colère des Cieux" qui s'est abattue sur Conakry, ce qui est devenu le lot annuel des habitants de Kaloum. Les républiques passent, les pluies rasent tout sur leur passage, les grosses cylindrées des nantis en rajoutent en éclaboussant insolemment les pauvres "indigènes". Pendant ce temps, les chefs de famille, comme au temps du déluge, attendent en vain le Prophète Noé qui les amènerait là-haut au Mont Kakoulima ou Nimba. En Attendant la fin de l’Indépendance ou de la Transition. C’est du pareil au même.

Manifesemnt, cet état de fait est dû à l’absence de caniveaux, les seuls qui existent étaient prévus pour 200000 habitants depuis l’époque coloniale, aujourd’hui vite obstrués par les immondices déversés par plus d'un millions de pauvres diables entassés dans des entrées-couchers. Résultat, les eaux de ruissellement n’arrivent pas à descendre jusqu’à la mer. Et plus d'une cinquantaine de "concessions" sont situées dans les bas fonds, non loin du pont où l’eau fait mare. Sekou Camara victime nous explique :
« Depuis deux heures du matin, les citoyens de ce quartier n'ont pu dormir, les maisons étaient remplies d'eau et il fallait les vider. Notre problème est connu, c'est ce pont qui est bouché par les ordures posées par certains citoyens ».
Quelques responsables du conseil de quartier qu'on a interrogés nous ont répondu qu'ils ont saisi depuis longtemps les autorités de la mairie et du gouvernorat sur le danger mais que jusque là il n’y a une réaction.
Pour cette inondation de la nuit du vendredi, aucune perte en vie humaine mais des dégats matériels considérables ont été enregistrés. A quoi servent donc les autorités des communes et celles du gouvernorat sur la question de l’insalubrité ? A racketter les petits commerçants, chicotant parfois les marchands ambulants qui encombrent les trottoirs, empêchant Humer, Porsch Cayenne, Touarègue (Volkswagen) et autres luxueux mastodontes de circuler normalement en déversant le précieux liquide où se noient nos rares devises.

Erapmos et SN Bokoum
