Hadj 2012, une véritable catastrophe !
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- Publié le samedi 13 octobre 2012 17:00
- Écrit par ASB
En Guinée, les Hadj se suivent et se ressemblent. Sous le régime du général Lansana Conté, de nombreux pèlerins avaient déchanté, pour cause de mauvaise organisation. Avec le CNDD de Dadis ce fut catastrophique avec des centaines de pèlerins auxquels il a offert un pèlerinage dont ils n’ont jamais profité. Un sage venu de la Guinée profonde, auquel on avait signifié à l’époque qu’il ne pourra plus aller à la Mecque a piqué une crise dont il ne s’est jamais remis. Un an après, Sékouba Konaté est venu compliquer la situation en donnant des places à des centaines de militaires qui, à leur tour, ont bazardé ces places à des tiers. Avec l’arrivée du « Président démocratiquement élu », Alpha Condé, on croyait à la fin du calvaire de nos pèlerins. Mais, le changement tant clamé n’est pas passé par les préparatifs du Hadj 2012.
Le Hadj 2012 est la copie conforme des Hadj antérieurs. Il est marqué par un désordre. Jamais, disent des habitués du pèlerinage, on n’avait enregistré autant de pagaille que cette année. Bien des pèlerins ont rempli toutes les conditions pour un voyage paisible, mais ils sont confinés dans une attente stressante et incertaine. On accuse les organisateurs d’avoir donné libre cours au favoritisme. Il fallait avoir « un bras long » pour être sur une liste de départ. Le pèlerin peut empocher son billet, son visa, et on lui dit d’attendre, d’attendre et d’attendre. Pour finir, c’est un coup de fil qui rappelle le pèlerin pour lui dire « il y a des problèmes. Vous devez attendre». Et ils sont nombreux, des pèlerins venus de l’intérieur du pays qui ont dormi des jours durant au Centre Islamique de Donka dans l’angoisse et dans l’attente d’un lendemain incertain. Ils ont fait le tour de leurs contrées, pour dire au revoir à tous le monde. Ils arrivent à Conakry, le voyage est compromis.
Des pèlerins auxquels les agences signifient qu’ils sont programmés dans une semaine restent dans ce qu’ils appellent un « Stand by » impossible. Puis, on les appelle le jour du départ vers 20h, pour leur dire de rappliquer, toute activité cessante, au centre islamique de Donka. Nombre de pèlerins qui n’étaient pas prêts, ont été remplacés au pied levé par des « recommandés » des ministères, de hauts cadres de l’administration qui usent de leur influence pour contourner les formalités. Et pour faire voyager des parents, amis et connaissances qui y vont pour faire le commerce. Ces transactions sont dénoncées par des gens qui connaissent parfaitement bien le circuit. Ces commerçantes, infiltrées paient une somme à ceux qui les ont aidées.
Les pèlerins qui ont eu la sacrée chance de voyager, ne sont pas au bout de leurs peines. Des plaintes commencent déjà à tomber chez qui de droit. Il semble que l’improvisation règne en maître, alors que les choses sérieuses n’ont pas encore commencé.
L’autre problème qui mine le Hadj 2012, c’est les combines qui ont prévalu dans le choix des guides. Les organisateurs auraient mis une croix sur les professionnels pour inscrire des intrus, parmi lesquels des analphabètes. Certains d’entre eux ont commencé à s’embrouiller dès ici lors de séances de simulation en escamotant des fondamentaux du Hadj.
Des pèlerins auxquels on a signifié la semaine dernière que l’ambassade d’Arabie Saoudite a décidé d’arrêter l’octroi des visas se sont mis dans tous leurs états et ont proféré des insanités. Ils passent de nombreuses nuits au centre islamique et après quoi on vient leur parler de problème de visa pour les lieux Saints.
Le pèlerinage depuis la Guinée est un véritable Djihad !
ASB
