Augmentation des salaires : Les syndicalistes mécontents !
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- Publié le vendredi 19 octobre 2012 20:38
- Écrit par ASB
Le 18 octobre, l’air était irrespirable dans la salle de réunion de la Bourse du travail siège de la CNTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée). La tension est montée d’un cran entre la classe ouvrière massivement venue répondre à l’appel de leurs différents leaders !syndicaux et ces derniers. Et pour cause ! Les travailleurs ont mal accueilli les 25 % d’augmentation salariale proposés par le Président Alpha en réponse aux 200 % réclamés.
« Après le rejet des 10 et 15 % par la classe ouvrière, le Président de la République a invité hier (mercredi 17 octobre) à 17h, la Commission de négociation pour proposer 25 % aux travailleurs, à payer en deux étapes : 10 % pour les trois derniers mois de l’année 2012 et à partir de janvier 2013, les 15 % restants. Mais dès que l’annonce a été faite, les travailleurs ont rejeté en bloc la proposition du Chef de l’Etat », a déclaré Amadou Diallo, Secrétaire général de la CNTG. Très en colère, ils considèrent que l’offre du chef de l’Etat est « une insulte à la nation guinéenne ».
Pendant un bon moment, Mamadou Mansaré, deuxième Secrétaire général adjoint de la CNTG s’était lancé dans un long discours de dénonciation des conditions de vie des travailleurs, la crise à l’usine de Fria qui ferait qu’aujourd’hui huit mille enfants ne vont plus à l’école. Il regrette le mauvais état de nos routes, réclame la révision obligatoire des contrats miniers, définit et défend l’obtention du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti).
« Les 200 % sont possibles. Il faut aujourd’hui à un travailleur d’une modeste famille de cinq personnes, au minimum 3 500 000 francs guinéens par mois. Les gens disent que les fonctionnaires guinéens sont les plus corrompus. Quand tu as un salaire de cinq cent mille francs et tu dois dépenser 3 000 000 pour survivre, quelle est la solution qui te reste ? », a interrogé Mamadou Mansaré. Et les travailleurs de répondre :
« Voler ! ».
Le deuxième Secrétaire général adjoint de la CNTG a dit :
« Nous aussi, nous sommes des travailleurs dignes. Nous voulons vivre décemment de nos salaires. Nous avons honte de mendier, de voler, de tricher pour faire vivre nos familles et c’est ça qui représente les 200 %. Mais quand les gens entendent 200 %, ils pensent que les syndicalistes sont devenus fous. Alors que cela ne fera même pas 3 500 000 fg pour un travailleur de hiérarchie A ».
Le Secrétaire général de la CNTG Amadou Diallo vient à la rescousse et hasarde :
« Je pense que dans un premier temps, nous allons accepter les 25 %. »
Il ne le fallait pas. Les travailleurs ont en chœur rétorqué :
« Non ! Non ! Non ! ». Ils sont catégoriques : « 200 % ou rien ». Un travailleur s’est détaché du groupe pour venir dire :
« El Hadj (s’adressant à un leader syndical), nous ne sommes pas d’accord avec ce que vous dites ici ».
Dans la même soirée du 18 octobre, les délégués de la Commission de négociation retourne chez Alpha Condé pour lui dire que sa proposition a été rejetée en bloc par la base. Le chef de l’Etat répond qu’il va à la Mecque.
« Nous sommes au point zéro pour le moment. Nous attendons le retour du Président pour reprendre la négociation », nous a confié le Secrétaire général de la CNTG.
