Crise politique : l’épreuve de force (Analyse de Saïdou Nour Bokoum)
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- Publié le jeudi 1 novembre 2012 12:48
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Jeudi premier novembre, les 25 futurs membres de la CENI choisis par le Pouvoir devraient prêter serment devant la Cour suprême. C’est vrai que la loi a été respectée en apparence : opposition 10, Mouvance 10, Société civile 3 et MATD 2. En apparence puisque dans les faits, l’Opposition a vu sa liste tripatouillée par le « fait du prince » qui a remplacé Thierno Saïdou Bayo par un représentant de l’UPG de Jean-Marie Doré.
La maladresse est flagrante qui frise la provocation susceptible de mener à la confrontation, voire à la déflagration.
Car enfin Jean-Marie Doré a dit qu’il n’était pas de l’Opposition. Le Collectif ne l’a pas mis sur sa liste et donc il était loisible au Pouvoir de le prendre dans la Mouvance ou de l’imposer à la Société civile ou de le laisser sur les quais comme la cinquantaine de centristes.
Qui est opposant ?
Il faudrait remonter au déluge et se livrer à des arguties byzantines. Mais je ne suis pas amnésique. L’ADP fut créée par Jean-Marie Doré, qui aussitôt fit semblant de s’adosser au dos du Collectif. Jean-Marie Doré après de courtes fiançailles a réussi à entraîner le Collectif et la « nouvelle fiancée », c’est-à dire l’ADP à aller à une rencontre qui fut l’une des plus ridicules, les plus bêtes qui fût dans l’histoire de ce « dialogue ». Ce jour le bloc ADP/Collectif est allé dire à Alassane Condé :
Si nous sommes là, c’est pour vous dire que sans ceci ou cela nous n’acceptons pas le dialogue !
Alassane Condé qui le savait, et avait déjà dit un niet à ceci et cela, les attendait pratiquement debout, dossier entrouvert. Entendant ces paroles sans surprises, il referma sa chemise et tourna le talon. Le lendemain ou quelques jours après, Jean-Marie Doré claqua la porte du Collectif/ADP.
Jean-Marie Doré est partout et nulle part, en tout cas il est aux abonnés absents du Collectif/ADP.
Il n’y a pas lieu de se référer ni à la loi, ni à la raison, mais au bon sens et à la dignité.
L’Opposition n’a même pas besoin de marcher ni à faire des manifestations.
Chaque chose en son temps. Elle doit simplement dire NON et naturellement ne pas mettre les pieds dans cette CENI.
Le Pouvoir vient de commettre le geste le plus stupide de sa mandature. Planter un couteau dans le flanc de l’Opposition, nettoyer les traces de son « crime » en se hâtant d’aller faire valider ce vol à la tire auprès de "sa" Cour suprême qui s’est déjà fait la main lors de la présidentielle de 2010 ; ensuite il pourra intoxiquer le « peuple » à coup de braillards des invités du JT de la R-PDG !
« Voyez, pour une seule personne sur 10, ils veulent brûler le pays, ils ne sont vraiment pas pour la réconciliation ni pour les élections. Tout de même l’intérêt national à côté de Tartempion Bayo ! »
Comme avant, Louncény face l’intérêt national !
J’ai lâché Loucéni, lâchez donc Bayo !
J’ai lâché l’article 162 pour le refiler aux 2/3 de la CENI, c’est-à dire ax
- 10 de la mouvance
- 2 du MATd
- 1 au moins de la soicété civile (Fofana pressenti président !)
- 1 de l’UPG-Jean-Maire Doré
Quatorze sur 25, la majorité qualifiée étant 16,66666… Mettons 17.
Il resterait à trouver 2,5 membres pour que le Pouvoir ait la maîtrise de l’article 162.
Et à l’Opposition 7,5 "patriotes". Il ne s’agira pas de savoir faire retourner des vestes (qui coûtent 700 euros par tête de pipe), mais réussir une véritable révolution copernicienne. Or j’ai eu à écrire à une autre occasion que les révolutions guinéennes ont lieu tous les 50 ans..
Pour autant, L’Opposition ne doit pas être oublieuse de ses propres actes de résistance, surtout elle ne doit pas oublier ceux qui sont morts à cause de Louncény. Ce sont les marches, d’une manière générale, la fermeté et la constance qui ont balayé ce fossoyeur de PV. De la même manière, l’Opposition doit laisser leur patate chaude à Alassane Condé et à son patron : Jean-Marie Doré.
Tous les Guinéens qui les ont soutenus depuis des mois les soutiendront massivement, sinon, ils peuvent aller se balader à la Mecque. Car il peut y avoir 3 millions d’Alahadji dont à peine une dizaine verront agréée leur promenade de santé. Vérifiez cela non pas auprès des « marabouts » ou nos « oulémas », mais auprès des Sages qui ne hantent pas les couloirs des Palais ou des ministères.
Wa Salam,
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
www.nrgui.com Nouvelle République de Guinée
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