Sangarédi, vile pauvre de sa bauxite !

Le constat en matière d’assainissement à Sangarédi est une triste réalité. Ce, en dépit de quelques actions entreprises par les autorités communales et la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG).

« Le grand problème qui tue ce pays (la Guinée, ndlr), est que l’Etat n’existe pas. Sangarédi était la ville la plus propre. Je vais œuvrer pour son assainissement».

Ces mots sont du directeur général de la mine de la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG), Bachir Diallo. A Conakry la capitale tout comme à l’intérieur du pays, l’insalubrité est de taille. Chaque portion de l’administration se débrouille comme elle peut pour faire de son mieux sans satisfaire vraiment les besoins d’une population qui se dit abandonnée par l’Etat et impuissante devant les réalités du terrain.

Sangarédi, la ville artificielle au double visage

La commune rurale de Sangarédi connaît une double réalité en matière d’assainissement. La cité et le village – quartiers qui entourent la ville- vivent des réalités différentes. Si à la cité, tout est propre à cause du ramassage des ordures par un camion de la CBG, au village, par contre, des tas d’ordures sont dispersés çà et là, parfois calcinés sur place, faute de ramassage et de dépotoirs appropriés.

Le partenariat public-privé pour la collecte des ordures est l’initiative de la CBG et de la mairie de la commune rurale de Sangarédi. En matière d’assainissement, explique Elhadj Mamadou Djouldé Bah, le maire de la Commune rurale, le partenariat public-privé avec la CBG marche. La compagnie a acheté un camion et la mairie les poubelles.

« Les poubelles sont domiciliées à certains endroits. Mais, faut-il le préciser, elles sont devenues moins nombreuses parce que la population a augmenté. Il faudrait un peu plus de moyens pour que le ramassage des ordures soit possible », avance le maire. A côté de cela, note M. Bah, il y a des groupements occasionnellement et faiblement subventionnés par la mairie qui s’occupent de l’assainissement et assurent aussi le curage des caniveaux parfois complètement obstrués.

L’accès aux latrines et toilettes demeure un problème dans les ménages. Selon le premier responsable de la localité, la mairie et la CBG ont construit des rencontrés à Sangarédi, les eaux de ruissellement remplissent les rares fossés destinés à l’évacuation des eaux usées. Des latrines publiques

En ce qui concerne les déchets, la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG) a construit une station d’épuration à Dounsy, localité située à la sortie sud de la ville, à un kilomètre de la base logistique de ladite société.

L’environnement, l’autre victime de la CBG

Les terrains agricoles et rizi-cultivables manquent sérieusement à la population de Sangarédi, reconnaît le maire qui accuse la CBG d’avoir détruit les savanes sans procéder à un reboisement.

« Nous sommes en zone de savane. Toutes les savanes sont complètement détruites par le décapage. Donc, si on ne fait pas un effort vers nous, les quatre sociétés minières qui sont soucieuses avant tout de l’extraction de la bauxite, au risque de de détruire l’environnement, on n’aura plus de terrains de culture, pour les futures générations, si l’on ne fait rien contre », s’alarme, Elhadj Mamadou Djouldé Bah.

Avant de s’inquiéter encore : « si on n’a pas de terrain de culture, comment va-t-on pouvoir survivre ? D’autant plus que l’on n’a pas de points d’eau, les sources ayant tari, les rivières ensablées, sinon empierrées et transformées en dépotoirs d’ordures ; et alors la boue descend des mines pour essayer d’obstruer le lit des rivières, naturellement, c’est alarmant

Avec l’arrivée de deux nouvelles sociétés minières : la China Power Investiment (CPI) et la Guinea Alumina Corporation (GAC), le premier responsable de la mairie craint une nouvelle pollution de la nature et une aggravation des problèmes d’accès à l’hygiène et à l’assainissement. Car, comme dit l’autre, « la bauxite n'est pas éternelle ».

Certes, il y a quelques latrines publiques dans les différents marchés et dans les écoles. Mais le manque d’eau rend ces latrines inutilisables à cause des puanteurs indescriptible et nauséabonde qui s’y dégagent. Ce constat est valable pour les établissements scolaires et les locaux de la commune rurale, elle-même. D’où la pratique répandue des WC volants et de la défécation à l’air libre. C’est le cas par exemple au niveau du ruisseau (communément appelé Samayabhè) situé à la rentrée de la ville est qui est envahi pour déféquer, faire le linge, la vaisselle et laver des engins roulants de tout genre. L’approche « Assainissement total » piloté par la communauté est totalement ignoré dans cette zone bauxitique de plus de 120 000 habitants.

Témoignazge d'une ménagère :

« On n’a pas de moyens qui nous permettent de ramasser les ordures. Nous travaillons dans le bénévolat. Avec une population qui croit chaque année, il est difficile, sans assistance financière de procéder à l’assainissement de la cité » déplore Bah Ibrahima, ancien travailleur de la CBG, aujourd’hui chargé de l’assainissement et de la distribution de l’eau.

Face à cette triste réalité, les autorités locales sont impuissantes. L’Etat ne laisse à la Commune rurale que trente-cinq millions de francs guinéens issus de la Station d'épuration à Dounsy, taxe sur les chiffres d’affaire (TCA) de la CBG. En saison pluvieuse, selon certains citoyens

In Lejourguinee

Relu par Nouvelle République de Guinée www.nrgui.com

 

 

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