L'otage français aurait été décapité (Libération/AFP)
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- Publié le mercredi 24 septembre 2014 18:05
- Écrit par Thomas Hofnung
Les soldats algériens ont mené des recherches intensives pendant deux jours pour tenter de retrouver l'otage français. (Photo Farouk Batiche. AFP)
Hervé Gourdel avait été enlevé dimanche en Kabylie par un groupe lié à l'Etat islamique. Les ravisseurs ont mis leur menace à exécution. Hervé Gourdel, le guide de haute montagne français enlevé dimanche en Algérie, a été assassiné. Jund al-Khilafa, le groupe qui le détenait, a diffusé une vidéo, intitulée «Message de sang pour le gouvernement français», montrant sa décapitation. La vidéo, postée sur des sites jihadistes, débute par des images de François Hollande prises au cours de la conférence de presse durant laquelle il a annoncé la participation de la France à la campagne de frappes contre l’Etat islamique en Irak.
Elle montre ensuite l’otage, agenouillé et les mains derrière le dos, entouré de quatre hommes armés et le visage dissimulé. L’un des hommes lit un message dans lequel il dénonce l’intervention des «croisés criminels français» contre les musulmans en Algérie, au Mali et en Irak notamment. La scène de la décapitation elle-même est coupée. Ce groupe lié à l’Etat islamique avait menacé de tuer Hervé Gourdel, âgé de 55 ans, si la France ne renonçait pas «sous 24 heures» à ses frappes aériennes en Irak, un ultimatum rejeté mardi par le président François Hollande. Jund al-Khalifa («les soldats du califat») est un mouvement dissident d’Aqmi (Al-Qaeda au Maghreb islamique), apparu sur les radars en mars et a récemment fait allégeance à l’Etat islamique.
Ce groupe était décrit par la sécurité algérienne comme peu important en nombre mais composé d’hommes sanguinaires et déterminés. La décapitation d’Hervé Gourdel, clairement inspirée des méthodes de l’Etat islamique, vient malheureusement en apporter la confirmation. La mise en scène macabre reprend celle utilisée pour l’assassinat des deux journalistes américains enlevés en Syrie James Foley et Steven Sotloff et du travailleur humanitaire britannique David Haines. Hervé Gourdel avait été enlevé au lieu-dit Tizi N’kouilal, un carrefour routier au cœur du parc national du Djurdjura, un haut lieu du tourisme, devenu sanctuaire des groupes armés islamistes dans les années 90. Guide et passionné de photo, Hervé Gourdel, originaire de Nice, avait monté un bureau des guides dans le Mercantour il y a plus de 25 ans. Il était arrivé samedi en Kabylie pour entamer un trekking d’une dizaine de jours.
«Je suis abasourdi par cet assassinat de quelqu’un qui aimait la montagne, qui embrassait la vie, et qui a été fauché par la barbarie», a réagi sur France info le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, qui le connaissait personnellement.
