Vidéo. Après la mort du patient au Texas, les Etats-Unis veulent éviter une psychose Ebola
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- Publié le jeudi 9 octobre 2014 10:10
- Écrit par 20'
Le domicile où résidait Thomas Eric Duncan, le patient infecté par le virus Ebola, au Texas, dans la banlieue de Dallas - LM OTERO/AP/SIPA
Philippe Berry
Outre-Atlantique, la crise semblait bien lointaine, et Obama peinait à se faire entendre. Mais mercredi, avec la mort du patient hospitalisé au Texas –Thomas Eric Duncan, le premier patient diagnostiqué hors d'Afrique– la menace frappe à la porte des Etats-Unis. Qui cherchent à rassurer la population.
La Maison Blanche a vite réagi et annoncé le renforcement des contrôles dans cinq aéroports à New York (JFK et Newark), Washington, Atlanta et Chicago, où arrivent 94% des passagers en provenance du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée. Cela représente environ 150 voyageurs quotidiens, qui devront répondre à un questionnaire santé détaillé. Des employés de la police des frontières prendront leur température grâce à un thermomètre sans contact. En cas de fièvre ou d'autres symptômes, ils pourront être placés en quarantaine. Tout le monde devra fournir des coordonnées pour être contacté. Ces mesures s'ajoutent à celles déjà en place au départ d'Afrique.
Un risque d'épidémie aux Etats-Unis «très faible»
«Nous savons comment le virus se transmet et nous savons comment stopper sa progression», a martelé le patron des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), mardi. Comme Obama, Tom Frieden a répété que le risque d'une épidémie aux Etats-Unis était «très faible». La raison? Le virus ne se transmet pas –pour l'instant– par voie aérienne. Et seuls les patients présentant des symptômes sont contagieux. C'est différent de la grippe H1N1, a-t-il rappelé, pour laquelle un malade peut en infecter d'autres avant de ressentir les premiers symptômes, ce qui complique le processus de mise en quarantaine.
Dans le cas de Thomas Eric Duncan, plusieurs membres de sa famille resteront en isolement jusqu'à la fin de la période d'incubation du virus de 21 jours, jusqu'au 19 octobre. Pour l'instant, aucun ne présente de symptôme.
Une transmission par les airs «assez improbable»
L'inquiétude reste toutefois palpable, et les gros titres comme «Ebola à Dallas» n'aident pas. Alors que des scientifiques craignent une possible mutation du virus pour une transmission par les airs, Tom Frieden se veut rassurant. Selon lui, ça ne serait «pas impossible mais Ebola change plus doucement que la plupart des autres virus».
Interrogé par The Scientific American, William Schaffner, chercheur en maladies infectieuses à l'université Vanderbilt, confirme: «C'est théoriquement possible mais assez improbable.» Il estime que les moyens déployés aux Etats-Unis sont «efficaces» mais appelle à renforcer la pédagogie dans les hôpitaux. Afin d'éviter la mésaventure de Dallas, où le patient avait été renvoyé chez lui pour 48 heures...
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