Le président Alpha Condé à Mamou: "en Guinée, les fonctionnaires volent, les commerçants surfacturent"
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- Publié le lundi 20 octobre 2014 09:05
- Écrit par Rouguiatou SYLLA
Sur les chantiers du 2 octobre à Mamou, 2è ville du Foutah Djallon, le président guinéen Alpha Condé a fustigé, samedi dernier, le comportement des fonctionnaires et les commerçants « qui empêchent le pays de bien tourner ».
Pour le chef de l'Etat, « si ailleurs, quand on lave le bébé, on jette l'eau sale et on garde le bébé, en Guinée, quand on lave le bébé, on le jette avec l’eau sale. Au temps du PDG, il y a eu le Camp Boiro et beaucoup d’autres choses, mais il a construit beaucoup d’usines et de FAPA ; si on les avait améliorées, on allait aujourd’hui être autosuffisant. Moi j’assume la Guinée dans ses crimes et dans ses bienfaits. Je reconnais ce que le Parti Démocratique de Guinée (PDG) a fait comme bien, ainsi que la 2e République… » Et de plomber l'ethnocentrisme et les oiseaux de mauvais augure:
« Je ne m’occupe pas de savoir qui est guerzé, malinké, sousous ou peulh, ce qui m’intéresse, c’est la Guinée. Je ne veux pas que demain les enfants guinéens aillent chercher du travail au Sénégal ou ailleurs. Mais que les autres viennent chercher du travail en Guinée…Il y a trois tares que nous devons combattre en Guinée si on veut se développer. Il y a l’ethnocentrisme, si on oppose les ethnies les unes aux autres, on finira par une guerre civile comme en Sierra Leone et au Liberia, Dieu merci, il n’y a jamais eu de guerre civile en Guinée et je vous garantis qu’il n’y aura jamais de guerre civile en Guinée. La seule guerre qu’il y aura, c’est contre Ebola. Notre deuxième défaut, c’est qu’on aime mentir et le troisième défaut, est que nous aimons détourner. Les fonctionnaires volent, les commerçants surfacturent, ils ne payent pas de douanes et de taxes. Les gens disent que le président a fermé tous les robinets, quel robinet j’ai fermé ? Je n’ai fait que l’unicité des caisses. Cela veut dire que tout l’argent de l’Etat doit aller à la Banque centrale. Quand on dit unicité des caisses, cela veut dire que l’argent de l’Etat doit revenir à l’Etat. La deuxième chose, c’est la planche à billets, le gouvernement avait habitué les gens à la facilité. Maintenant l’argent est rare parce qu’il faut travailler pour le gagner… » ».
Et les diffamations? Le président ne les acceptera plus: « Je n’accepterai plus la pagaille. Vous cassez la maison ou la voiture de quelqu’un, on vous arrête et je n’accepterai plus qu’on me diffame, celui qui le fait, à partir de maintenant, sera poursuivi par le procureur. En Guinée, pour qu’on soit respecté, il faut qu’il y ait un Etat. La liberté de l’un ne doit pas porter atteinte à celle de l’autre. Ils sont libres de se manifester mais pas en cassant les biens des autres. Si nous voulons que le pays avance, il faut qu’on se dise la vérité. Il n’y a pas de raison que la Guinée ne soit pas le pays le plus avancé de l’Afrique de l’ouest ».
Après Mamou, le président a continué dimanche sur Dalaba et Pita pour constater de visu l'état d'avancement des travaux des festivités de l'an 56 de la Guinée.
Par Rouguiatou SYLLA
Médiaguinée.
