Somparé, encore un brillant sujet qui nous laisse avec notre Guinée
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- Publié le jeudi 2 novembre 2017 23:31
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
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Tout Guinéen qui se réveille doit se regarder dans le miroir et dire : je suis guinéen, je suis malade, je dois me soigner (Ansoumane Bangoura dit Grinda)
Aboubacar Somparé brillant, dès le Lycée moderne long de Donka. Il était en 11ème quand j’étais en 12ème pour le deuxième baccalauréat. Nous avions le même programme de maths-physiques. Il était peut-être le meilleur de sa promotion en ces matières au moins, peut-être, car avec les Bhoubha Ndyan tel que Dicko (Baldé Souleymane) ; « Le Gros » ou Ba Bocar jeune frère de Ba Mamadou... Bof, il y avait tellement de sujets brillants ou « forts en thème » dans leur promotion, qui comptait un certain, Sidya Touré, il y avait Zaïnoul Abidine Sanoussi, fier comme y a pas son deux : tout le contraire de Somp, pourtant d’une autre « grande famille » de là-bas dans le Kakandé.
Bokoume, tu ne t’es pas encore décidé, Bokoum décide-toi !
C’était un des fondateurs du RDP, futur PUP. Je les ai tous vus défiler dans le petit bureau de Dorank Assifat Djassény alors secrétaire général au ministère des sports et de la jeunesse. Solano, Diawara (chef d’orchestre de l’affaire), Baba Cissé, patron de la FEGUIFOOT d’alors..Il prendra la tête du PUP jusqu’à son congrès fondateur de Mamou où cette formation taillée sur mesure aura sa Partie Utile en la personne de Biro Diallo. On connaît la suite, quand Lansana Conté après avoir perdu sa tunique a refusé qu’on lui enlève le caleçon comme il le dira aux héros de l’époque, Rabiatou Diallo et Ibrahima Fofana. Un moment, devenu président de l’assemblée nationale, le « peuple » refusera l’application de l’articlé 34 qui devait hisser Somparé à la présidence intérimaire. L’épisode folklorique d’Eugène Camara sera vite oublié, mais pas la formule de Ba Mamadou qui répondit à la sollicitation de l’éphémère premier ministre de quelques heures :
Tu veux que je sois ton ministre alors que toi-même tu risques d’être emporté par le vent populaire dans quelques heures !
Je préfère regarder derière-moi et revoir l’ambassadeur Somparé à Paris, vêtu de blanc, des souliers à la veste. J’étais alleé chercher « mon » passeport guinéen, puisque vers la fin des années 70, nous avions cessé d’être anti-guinéens. Mais les fonctionnaires PDG dont je croyais l’intégrité révolutionnaire aussi pure et blanche que leur accoutrement, m’avaient dégoûté en tournant autour du pot et moi avec. Je devais mettre le coutcha sous la table. Déjà humilié par le chauffeur de taxi qui m’avait amené là. Voyant bien le drapeau rouge jaune vert flottant au vent, il fonça 50 mètres plus loin avant que je lui hurle :
Hé Ho, vous ne voyez pas le drapeau, non ?
Oui mais cette plaque « République populaire démocratique révolutionnaire, socialiste, c’est pas des « enragés » planqués là depuis que..C’est fini la chienlit mon bon meussieu..
Je me retourne et me retrouve donc nez à nez avec Somparé
Mais Bokoum, où vas-tu ?
Tu ne me demandes pas ce que je fous là ?
Viens dans mon bureau.
Je lui explique.
Je suis rentré ce soir-là avec mon tout nouveau passeport guinéen que je garde toujours en souvenir de . ; de Quoi ?
On ne se voyait plus mais c’était un ami. J’en connais un, un ami commun qui va encore verser des tonnes de larmes.
Allons Ousmane arrête de chialer comme une.. femme !
Mes condoléances à la grande famille Somparé.
Was-Salam, Somp.
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
