Saïdou Nour Bokoum détenu à la DPJ

 Venu à la DPJ pour une plainte contre X, je me fais conduire directement au premier étage dans le bureau du commissaire Tana N. Les formalités se font vite et il me fait accompagner par un policier en civil pour faire annoter la plainte par un autre  chef de service ;  arrivés au rez-de-chaussée, le policier me dit, « Attendez-moi ici ». Je m’installe sur un canapé confortable. C’était dans un couloir qui est fermé par un bureau à ma droite. En face, il y a une petite porte. Je vois des policiers qui font entrer des individus à la triste mine, genre junkie, jeune clodo…

Vous êtes arrêté ? me demande l’énorme mammouth habillé, flanqué à ma gauche.

-  Non, je suis assis, je dis.

Il se fend d’un gros rire agricole. Il fait chaud, l’autre, le policier mon guide, n’arrive pas.

-  Vous êtes détenu ?

Devant moi des posters, une quinzaine. Je lui demande :

-  Qui sont ces messieurs ?

-  Les précédents directeurs de la DPJ, je vous ai demandé, vous êtes détenu ?

-  Personne ne peut me détenir dans ce pays, et j’ajoute, le jour où cela se fera, la terre tournera dans l’autre sens.

Je lève les yeux en pensant à Allah – Exalté ! –Évidemment le conteneur de muscles pense que je dois vraiment être un des ces excités de « L’Axe du mal » qui en ce moment même, font le bousin sur la route où prospère la déchetterie de l’enseignement.

-  Même Alpha Condé a fait la prison.

-  Je ne suis pas Alpha Condé », là-dessus, je me lève, « bon vous direz au policier en civil qui m’a dit de l’attendre ici, que je suis parti, puisque je ne suis pas un détenu.

C’est alors que l’armoire à glace se lève écartant les bras, bouche le couloir de toute sa masse et m’empêche de sortir. Je crois qu’il fait de l’humour.

-  Ecoutez, il fait très chaud et mon chauffeur est très mal garé

-  Vous allez l’attendre ici, vous ne partirez pas d’ici d’abord.

Le bulldozer ne blague pas.

-  Laissez-moi passer, sinon j’appelle qui de droit.

-  Appelez qui de droit, même Alpha Condé si vous voulez.

Je compose le numéro de téléphone d’Amadou Tam Camara, président de l’AGUIPEL. C’est le répondeur qui affiche « www.guinéenews.org vous remercie  pour votre appel… ». Je compose le numéro de C, D à Paris, pour qu’il rameute ces enragés de la diaspora qui en ce moment même, cernent l’hôtel d’Alpha Condé. L’appel ne passe pas,  nous somme en Guinée, tout est barré, tout s’est barré : les routes pour rançonner, les réseaux de téléphonie  pour consolider l’incommunication, Kaléta, une blague chinoise, l’Eau c’est la saison sèche, mais on va la retrouver en Mauritanie…

J’avais le numéro de téléphone du ministre Kabélé, leur patron, rencontré lors d’une cérémonie de condoléances, ce numéro s’était barré comme celui de Cheik Sakho ministre d’Etat garde des Sceaux, et pour cause : le Samsung galaxy volé qui m’a amené ici...

Le courant vient de se barrer, mais je continue dans les ténèbres !

Donc je suis détenu, mais voilà qu’un mouvement de mon chien de garde permet au flèkèflèkè que je suis, de me glisser jusque dans la cour remplie de flics et de crier. C’était un  S.O.S, hélas, j’aggravais mon cas de délinquant, d’excité de l’axe du mal Hamdallaye-Cosa-Bambeto; j’étais venu comme victime de Bordeaux (le grand bordel du recel et des receleurs de Conakry), je me retrouve comme un minable pickpocket cerné par des pros prêts à dégainer sur un Somalien de la Bande de Gaza.. Je parviens tout de même à l’étage et me retrouve dans le bureau du commissaire Tana N. Absent, merde ! Demi-tour ? Impossible, mon chien de garde me barre la route, je hurle encore, des têtes sortent à travers  les portes entr’ ouvertes, je suis fait comme un rat pesteux de Kapororails.

La Guinée d’Alpha Condé est un trou de cul d’un rat empalé (Ch.éd., D. SNB).

Mais voila, le commissaire Tana N qui fait de grands signes à mon tueur potentiel rescapé d’Hamdallaye-Bambeto-Cosa.

-  Entrez dans mon bureau M. Bokoum !

-  Non je rentre, si je ne suis pas détenu…

-  Je  vous en supplie, attendez-moi dans mon bureau.

Le commissaire Tana N redescend et la montagne d’imbécilité s’évanouit avant de réapparaitre une minute plus tard en se plantant devant moi. Il claque les bottes, se met au garde à vous.

Je vous présente mes excuses !

Je serre les dents, le visage, en pensant à toutes les excuses aux victimes des balles perdues, de tirs à bout portant, exécutés par des clones semblable à ce gros « innocent » à la cervelle de moineau, ça cavale dans ma tête, de grinpette en grinpette, je me retrouve face a face avec Alpha Condé, le suprême donneur d’ordre, qui se fout pas mal du désordre d’en bas, la Guinée réelle, la Guinée devenue un foutoir.

Je vous demande pardon doyen.

Je lui tends la main.

Vous êtes tout pardonné.

Je regarde le commissaire Tana N en signe d’au revoir.

-  Revenez me voir M. Bokoum, nous parlerons d’autre chose.

-  C’est promis.

 

Bokoum tu ne peux rien contre la Bêtise, elle est majoritaire ( William Sassine ).

Il y a des exceptions, comme le commissaire Tana N et mon gros gardi froco n’est qu’une victime comme moi, de la Bêtise, au sommet de laquelle Alpha Condé trône, sans foi ni lois.

Was-Salam ? Allez au diable, tas de lapidés !

Saïdou Nour Bokoum

www.nrgui.com.

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