Situation carcérale : 808 détenus sans jugement à l’intérieur

Huit cent huit (808) détenus croupissent actuellement sans aucun jugement dans les geôles guinéennes, excepté la zone de Conakry. Tel est en substance le chiffre fourni par une mission d’inspection de magistrats guinéens ayant sillonné les cours et tribunaux de l’intérieur du pays du 7 Mai au 7 Juin 2012. Et ce, grâce à l’appui de la Coopération Allemande au Développement (GIZ). Dans un tableau illustratif, la situation pénale pour l’ensemble des juridictions inspectées, excepté Conakry, comporte 1 258 dossiers de flagrant délit, 772 dossiers en information, 152 dossiers de citation directe et 178 dossiers classés sans suite judiciaire. Et ce n’est pas tout. Concernant la situation carcérale pour l’ensemble des juridictions inspectées, excepté Conakry, il y a entre autres 299 prévenus criminels 29 condamnés criminels, 509 prévenus correctionnels et 443 condamnés correctionnels.

 

S’agissant de l’état des affaires jugées dans l’ensemble des juridictions visitées, l’on note 753 cas en matière correctionnelle contre 540 en matière civile. Selon les mêmes inspecteurs, les recettes judiciaires dans les zones inspectées s’élèvent à 91 millions de francs. Au cours de cette inspection, la mission a mis en exergue l’état vétuste des cours et tribunaux de l’intérieur du pays. Ils sont vandalisés par endroits ou sans archives dans d’autres. Pire, des détenus croupissent dans les cellules sans aucun dossier judiciaire. Comme on le voit, la justice guinéenne est le parent pauvre de l’administration publique. Seulement 0,29 pour cent du Budget National lui est versée. Pour redorer le blason de la justice guinéenne, la GIZ a initié un projet régional en faveur de cinq pays, dont la Guinée. Ce projet dénommé « Promotion de l’état de droit et de la justice » est axé sur cinq domaines, dont la qualification du personnel judiciaire tant régional que national. Pour passer aux actes, la GIZ a appuyé l’Inspection Général des Services judiciaires, qui a pour tâche de mener des contrôles et enquêtes judiciaires et aussi d’organiser au moins deux fois par an des inspections des cours et tribunaux.

 

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