Crise à la CNTG
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- Publié le mardi 7 février 2012 00:00
- Écrit par Macki Daff
Le patron de CGT-France écrit au Président Alpha Condé
Suite à la crise que connaît la CNTG, le secrétaire général de la CGT-France a cru bon de rappeler au Président guinéen qu'en aucun cas l'exécutif ne doit
s'immiscer dans les affaires syndicales.
Monsieur Alpha CONDE
Président de la République de Guinée
Conakry
Montreuil, le 19 janvier 2012
Monsieur le Président,
Par le présent courrier, je tiens au nom de la CGT de France à vous faire part de notre extrême inquiétude face aux agressions dont sont victimes la CNTG et ses dirigeants, notamment par un groupe très minoritaire de dissidents. Ces derniers contestent les débats, décisions statutaires et votes démocratiques du 16e Congrès qui s'est tenu le 24 septembre 2011 à Conakry en présence de nombreux invités nationaux et internationaux dont un représentant de notre organisation.
La légalité de ce congrès qui a élu M. Ahmadou Diallo en tant que Secrétaire général a été reconnue, faut-il le rappeler, par l'ensemble des autres centrales syndicales guinéennes, par l'Organisation de l'Unité Syndicale Africaine (OUSA) ainsi que par la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et ses affiliés dont nous faisons partie. Ce Congrès a, sur le fond et la forme, respecté en tous points les Statuts de la CNTG et le vote quasi unanime des congressistes, d'après notre représentant présent.
Depuis, nos amis et camarades subissent au quotidien harcèlements et violences de nature à porter atteinte aux droits humains et aux libertés syndicales fondées sur les articles 87 et 98 de l'OIT ratifiés par La Guinée:
- La tentative d'assassinat à l'encontre du nouveau Secrétaire général Ahmadou DALLO démocratiquement élu, et l'agression dont ont été victimes sept militants dans la violente tentative de prise de la Bourse du Travail par l'extrême minorité dissidente.
- Le laxisme de la Police face à cette attaque et l'attitude inadmissible et partiale du Gouverneur de Conakry ayant tout fait pour tenter de fermer la Bourse du Travail sont profondément condamnables.
Le Tribunal a d'ailleurs refusé de se prononcer sur la fermeture de la Bourse du Travail.
Nous ne pouvons également qu'être inquiets de voir que dans un communiqué de la Présidence, vous avez présenté le principal dissident de la CNTG, Elhadj Yamoussa Touré, comme étant le Secrétaire général de la CNTG à l'occasion d'une négociation du protocole d'accord à la Compagnie de Bauxite de Guinée. Il y a là une ingérence politique partisane et dangereuse dans la vie syndicale guinéenne que nous ne pouvons que dénoncer de la manière la plus catégorique qui soit et nous vous demandons de respecter la vie démocratique de cette Centrale.
Tous ces faits d'une extrême gravité ont d'ailleurs amené la CSI « Afrique » et la CSI à déposer plainte auprès de l'Organisation Internationale du Travail (OIT).
La fragile transition démocratique que connaît la Guinée aujourd'hui a été acquise en partie et d'une manière déterminante grâce au syndicalisme de votre pays. Les atteintes aux libertés syndicales que la CGT condamne mettent aujourd'hui en danger cette transition.
- Nous demandons que les responsables syndicaux de la CNTG, démocratiquement élus le 24 septembre, puissent exercer toutes leurs activités militantes librement, en toute indépendance, dans le respect des conventions internationales et des règles démocratiques,
- nous demandons qu'ils soient reconnus sans délais par l'ensemble des pouvoirs publics et que soit mis fin au harcèlement dont ces élus sont l'objet,
- nous demandons qu'ils puissent librement et en toute sécurité disposer de leurs locaux historiques.
Persuadé que vous prendrez en compte cette contribution de la CGT à la mobilisation du syndicalisme international en faveur de l'exercice des libertés syndicales en Guinée, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l'expression de notre parfaite considération.
Bernard THIBAULT
Secrétaire général de la CGT
