LES VALEURS DE NICOLAS SARKOZY : UN CHAPELET DE BRIC ET DE BROC ! (Par Cheick O. Kanté)
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- Publié le samedi 11 février 2012 21:19
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Que faut-il penser de Nicolas SARKOZY et de ses Trois Valeurs ?
Ou, plus exactement, que dire de trois des Valeurs du Président Nicolas SARKOZY ?
Le Griot l’a déjà fait savoir ici et là, on ne l’aura tout simplement pas remarqué. Paroles de griot à méditer, donc !
Le RÉFÉRENDUM, gilet de sauvetage de la DÉMOCRATIE ?
« Ne [vivons-nous] pas en pays démocratique comme dans l’empire des statistiques c’est-à-dire sous une dictature déguisée, celle du plus grand nombre sur le plus petit ?
L’arithmétique est séduisante parce qu’elle paraît [nous] rapprocher de la justice et même de l’équité. Mais une majorité peut bien – ne serait-ce que momentanément – être aveuglée par la passion à propos d’un sujet quelconque. Alors que la minorité, quantité négligeable, peut parfois, sur la même question, être la frange de la population la plus éclairée.
Autrement dit, [pouvons-nous] encore appeler démocratique un pays où 51% ou même 99,99% de ses électeurs ont voté pour ou contre une femme, pour ou contre un homme, pour ou contre un fait de société ? …
Un pays qui organiserait des référendums sur tout : contre les impôts, contre la limitation de la vitesse des voitures, pour la peine de mort, pour le renvoi des étrangers, pour le tout-nucléaire, pour le recours aux organismes génétiquement modifiés, pour l’autonomie d’une partie de son territoire, pour la non-adhésion à une entité plus grande que ses frontières, etc. serait-il un pays à démocratie enviable ?
[Et], n’arrive-t-il pas (...) souvent que seuls 20 à 30% de ceux qui ont le droit de voter daignent faire le déplacement pour accomplir leur devoir ? »
Extrait d’un fascicule paru chez Ganndal en 2006.
Le PARTI, celui de la "ola" ?
« Parti de l’obéissance aveugle au Chef, l’UMP ne serait-il pas devenu le Parti de la "ola" ?
Réactif et interactif comme est censé l’être le fameux battement d’ailes du papillon, tel que l’est du reste un jeu de dominos, il pourrait bien ne plus ressembler qu’à une sorte de vague déferlante imposant une idée ou plutôt une ambition fixe : la réélection en 2012 de son Chef à la Présidence de la République française !
Dans cette perspective, le mot d’ordre dominant est le suivant : Aucune autre tête ne doit dépasser ! Attention ! Que n’ai-je pas dit là ?
[Avant] l’injonction de se mettre au garde-à-vous, tout le monde doit avoir le dos rond à souhait. Aussi bien les responsables politiques à tous les échelons qu’accessoirement les militants à la base. En passant – obligatoirement, au contraire ! – par les communicants à tous les niveaux.
La moindre outrance proférée pour occuper les médias et divertir l’opinion passe d’abord sur le dos d’un certain Besson (ce n’est pas le plus rond mais, à l’usage, il est sans nul doute le plus souple) avant de rebondir sur ceux de… Lefebvre, Paillé, Darcos, Jego, Mano, Morano, Tapiro… et autres seconds couteaux. [Le temps a passé et avec lui, certains acteurs titulaires. Mais d’autres se sont coulés à leur place et la plus petite vigilance devrait permettre de désigner leurs remplaçants !]
[Le] Chef se ravise-t-il en catastrophe et change d’avis, réalisant à son corps défendant que ça ne passe pas toujours parce que c’est plus gros ! Ont encore et toujours raison, ses inspirateurs : le demi-oracle, Guaino et l’anachorète pas plus entier, Guéant. La preuve : ils se sont une fois de plus trompés. La vraie, la bonne, c’est la thèse inverse. De toute urgence, il faut donc la soutenir comme un seul homme même quand on est une femme.
Et, alors, sur le dos de Besson, encore lui, sur ceux de Lefebvre, Paillé, Darcos, Jego, Mano, Morano, Tapiro et sur ceux d’autres, de moindre envergure, la vague déferle à rebours avec toute sa violence, lors de son flux.
Exemple :
"Tous les persécutés du monde trouveront une protection en France, Terre des Droits de l’Homme !"
Olé et que se lève et penche de ce côté, la "ola" !
"Les Afghans, même en guerre, ont vocation à retourner chez eux de gré ou de force !"
Olé et que se relève et penche de cet autre côté-là, la "ola" !
Vogue la vague et vive la "ola" pour que vive l’UMP ! »
Posté le 3 novembre 2009, le texte a sans doute surfé vers les Archives des Forums de plusieurs sites Internet français et francophones.
Le TRAVAIL, une valeur ou une galère ?
« (...) Le travail, renommé "valeur" de manière abusive étant donné ce qu’il évoque comme situations de souffrance, parfois, et de torture, souvent, "du fait de ses gênes" mais aussi et surtout à cause de son exercice immémorial, inspire [certains] "écrivains".
Énormes, en effet, sont les dégâts collatéraux liés à l’emploi, objet de toutes les spéculations par ces temps de galères mondiales. Plus de saison littéraire qui ne célèbre ses chômeurs dans la déchéance, ses travailleurs pauvres, ses esclaves des temps modernes, ses "sans domicile fixe", ses harcelés par des patrons eux-mêmes, depuis peu, séquestrés par des employés craignant la perte de leur emploi.
(...) Dans une parité, même toute relative, la prose (...) d’information courante n’oublie pas de révérer ses born-again – traduire : nés une seconde fois par l’emploi retrouvé –, ses entrepreneurs talentueux, ses dandys du marketing, ses gentlemen de la publicité, ses beaux traders et autres golden boys, jeunes flambeurs de milliards. Avec, bien sûr, les amours et les sexualités inhérentes à leurs différentes situations : défuntes ou flamboyantes, savoureuses ou insipides, contraintes ou consenties, plus souvent tournantes que fixes et tragiques que comiques. (…)
Lesdits écrivains, donc, à cause de la crise politique, économique, sociale et... morale, conjoncturelle, avouent qu’ils ne se seraient guère hasardés, – par personne interposée, s’entend ! – à cajoler la page blanche ou à "se mirer" devant l’écran. S’ils n’avaient pas eux-mêmes perdu l’emploi pour lequel ils n’avaient jamais eu le temps de compter les heures qu’ils lui avaient consacrées.
Crimes contre la littérature que sont devenus, par conséquent, les nombreux plans sociaux et autres restructurations ayant débauché autant de travailleurs dévoués que suscité des vocations d’auteurs médiocres ! »
Extrait de "À Dongora coulera à nouveau la rivière". Riveneuve, Paris juin 2011.
Moralité ? Pour le plus grand bénéfice de l’économie et celui de la... la littérature, pourquoi ne ferait-on pas adopter cette Règle d’Or – si précieuse ! – qui dégraderait les gouvernements incapables d’éradiquer le chômage dans leur pays et désireux plutôt de passer par pertes et profits les chômeurs ?
À votre tour, maintenant, de savoir ce qu’il faut retenir de ces valeurs-ci et de toutes les autres à égrener bientôt sur le chapelet de bric et de broc !
