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Phénomène inhabituel sur le site web d'une représentation diplomatique française : depuis le 8 février, celui de l'ambassade à Conakry est barré d'un mot de bienvenue à l’attention de Bertrand Cochery. Nommé à la hâte en décembre, ce dernier était attendu comme le messie par le personnel, qui vivait depuis plusieurs mois au rythme des tensions persistantes entre son prédécesseur, Jean Graebling, et plusieurs responsables, dont le chef de chancellerie, Marc Schmitt. Les rapports entre les deux hommes se sont envenimés après la visite, au printemps 2011, d'inspecteurs de l'administration centrale du Quai d'Orsay pour une mission de routine. De nombreux problèmes ont alors été identifiés dans plusieurs services. Suffisamment sérieux pour que le rapport évoque, en filigrane et sur le ton de la suspicion, l'existence possible d'une filière de "vrais-faux visas" au sein du service consulaire. Après avoir fait porter la responsabilité de ces dysfonctionnements sur Marc Schmitt, Jean Graebling a demandé le rappel de ce dernier à l'été 2011. Mais en prenant cette décision, le diplomate s'est, du même coup, mis à dos la première conseillère de l'ambassade, Sophie Aubert, pacsée au chef de la chancellerie. Ambiance… Au fil des semaines, l'atmosphère s'est détériorée jusqu'à devenir délétère. Au point d'inciter le Quai d'Orsay à anticiper la fin de mission de Jean Graebling. Lequel, selon une source proche du dossier, "ne tenait plus la barre". Nommé à Conakry en octobre 2009, le diplomate a regagné la France le 6 février. Sa mission était théoriquement programmée jusqu'à l'été. En opération déminage, Bertrand Cochery aura peut-être le temps de se replonger dans l'ouvrage du journaliste Franck Renaud Les Diplomates - Derrière la façade des ambassades de France (Nouveau Monde éditions, 2010) !
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