ADO, ou le sens de la parole donnée

Respect des engagements préélectoraux en Côte d'Ivoire

 

Comme cela était convenu entre ceux qui allaient chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, le Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro vient de démissionner de la Primature ivoirienne.

Ce qui, bien sûr, n'a rien à voir avec une quelconque disgrâce ou un renoncement à une carrière politique que beaucoup d'observateurs jugent prometteuse. C'est plutôt le dernier acte du scénario monté depuis la campagne présidentielle qui vient d'être joué : Soro, élu député au compte du Rassemblement des républicains (RDR, au pouvoir), quitte la Primature pour le perchoir et cède cette dernière au Parti démocratique de Côte d'Ivoire de Henri Konan Bédié (PDCI  RDA).

 

Contrairement à ce qui se passe au pays du président Alpha Condé, on a beau tendre l'oreille au bord de la lagune Ebrié, nul écho de protestations d'alliés se disant trahis ne vous parviendra. Ici on crie au parjure en déballant, dans les moindres détails, des deals que le nouvel élu n'aurait pas respecté ; là-bas, rien à redire sur les tractations préélectorales  qui se sont déroulées comme sur du papier à musique. En tout cas, ce ne sont certainement pas ses principaux alliés, Soro et Bédié, qui vont accuser le président Ouattara d'avoir foulé aux pieds les engagements qu'il avait pris avant le second tour des élections présidentielles.

Des sentiments de satisfaction qui contrastent avec l'amertume et la déception qu'expriment encore certains anciens alliés du candidat Alpha  Condé, comme Lansana Kouyaté du PEDN et surtout le général Facinet Touré, l'une des grandes notabilités de la Basse Guinée. Tout récemment encore, ce haut-gradé qui fait aujourd'hui office de médiateur de la République, a fait la une des journaux en dénonçant ce qu'il qualifie de non respect, par le chef de l'Etat, des engagements pris envers la communauté de la Guinée maritime. Il va jusqu'à mettre en garde celle-ci, notamment les leaders politiques originaires de la région, contre tout ralliement  au RPG d'Alpha Condé dans la perspective des prochaines législatives.

 

Autre pays, autres réalités. En Côte d'Ivoire, on s'attèle maintenant à composer le nouveau gouvernement. Là également, il est plus que probable que l'on respectera scrupuleusement, de part et d'autre, la parole donnée. Comme cela se doit entre gentlemen.  Déjà, le nom de l'ancien directeur de campagne du candidat du PDCI - RDA, Jeannot Kouassi, Baoulé et ancien garde-des-sceaux, est fréquemment évoqué.

Une information qui a précédé le retour au bercail du président de l'Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré qui a assisté aux retrouvailles de la famille mondiale des libéraux dans la capitale ivoirienne, et qui n'aurait rien d'anecdotique. Au fait des solides relations qui lient ADO à celui qui fut, à  des moments particulièrement sensibles de l'histoire de la Côte d'Ivoire, son plus proche collaborateur à la Primature , de nombreux postulants se seraient bousculés à la porte de Sidya Touré, avant que celui-ci ne prenne (précipitamment ?) son avion pour Conakry.

                                    Mouctar Diallo

 

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