Crsie du Mali : La méthode du Médiateur mise en doute
- Détails
- Publié le mercredi 16 mai 2012 14:57
- Écrit par La Lettre du Continent
L’épineuse situation au Mali, depuis le coup d’Etat du 22 mars, menace de plus en plus de lézarder l’unité de façade affichée par les Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Plusieurs chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale n’hésitent plus à critiquer ouvertement la méthode du médiateur dans cette crise, le Burkinabè Blaise Compaoré. Ce dernier est accusé de jouer en solo, en menant les négociations avec la junte en place à Bamako comme bon lui semble, et souvent sans en référer à ses pairs. D'où de discrètes consultations établies entre plusieurs présidents de la sous-région, furieux après ce qu’ils qualifient de"reculade de Dakar", où s’est tenu un sommet extraordinaire de la CEDEAO, le 3 mai. Le communiqué final subordonne le déploiement des troupes de l'organisation au Mali à l’autorisation express des autorités chargées de la transition. Autrement dit : celle du président par intérim Dioncounda Traoré, mais aussi celle de la junte, qui entend conserver le contrôle de la situation. La solution préconisée par le président burkinabè revient à conforter le capitaine Amadou Sanogo dans son rôle, tout en adressant un signal plutôt flou aux différents contingents devant théoriquement constituer la force d'intervention de la CEDEAO. Parmi les chefs d'Etat en désaccord avec la ligne de Ouagadougou, figurent le Sénégalais Macky Sall, le Ghanéen John Atta-Mills, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Guinéen Alpha Condé, le Gambien Yaya Jammeh, la Libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, ou encore le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma. Ces derniers militent désormais ouvertement pour que l'organisation revienne sur sa position initiale : un retour effectif du capitaine putschiste et de ses hommes dans leurs casernes ! Déjà, le 26 avril, lors du sommet de la CEDEAO à Abidjan, les mêmes chefs d'Etat avaient souhaité atténuer l'influence du médiateur burkinabè. Ils avaient alors pesé de tout leur poids pour qu'un co-médiateur soit désigné en la personne du président de la fédération nigériane,Goodluck Jonathan.
sorce : La Lettre du Contine
