Comment Hollande tente de "normaliser" l'Afrique
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- Publié le mercredi 13 juin 2012 13:46
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
A l'Elysée, la diminution du nombre de conseillers imposée par François Hollande va pousser les ministères à prendre en charge certains dossiers. A fortiori, ceux qui concernent l'Afrique.Décryptage.
Pour gérer le continent africain depuis son vaste bureau situé au rez-de-chaussée du 2 rue de l'Elysée, dans l'immeuble réservé aux diplomates, Hélène Le Gal dispose d'une équipe réduite à la portion congrue. Un seul conseiller technique, Thomas Mélonio, travaille auprès d'elle. Même après 2002, date de la disparition de la cellule Afrique - entité mise en place par Jacques Foccart ayant longtemps fonctionné en roue libre -, ses prédécesseurs Michel de Bonnecorse, Bruno Joubert et André Parant s'appuyaient sur au moins deux conseillers. Michel de Bonnecorse était ainsi entouré de Bernard Diguet, ancien de la Banque de France longtemps en poste en Côte d'Ivoire, et deJacques Champagne de Labriolle, swahiliste spécialiste de l'Afrique de l'Est. De son côté, Bruno Joubert s'est installé avec Rémi Maréchaux et Romain Serman. Dernier monsieur Afrique de Nicolas Sarkozy, André Parant a travaillé mano a mano avecClément Leclerc et Pascal Collange. S'il est toujours possible à Hélène Le Gal de faire appel ponctuellement à Matthieu Peyraud, conseiller chargé des G8-G20 et des "enjeux globaux", son équipe restreinte l'oblige à transmettre de nombreux dossiers au Quai d'Orsay, où ils sont gérés par Sophie Moal-Makame, conseillère de Laurent Fabius. Déjà perceptible sous Alain Juppé, la tendance d'une reprise en main par le ministère des affaires étrangères se poursuit. D'ailleurs les hommes d'affaires ne s'y trompent pas : ils s'adressent plutôt à l'ex-premier ministre de François Mitterrand.
Cette volonté de voir la gestion des dossiers africains se "normaliser" se retrouve chez le ministre du développement, Pascal Canfin. Son cabinet n'affiche aucun conseiller spécialiste du continent. A l'inverse de ses prédécesseurs, l'ancien journaliste àAlternatives économiques n'a pas été aperçu lors de la visite à Paris des présidentsThomas Boni Yayi (Bénin) et Mahamadou Issoufou (Niger). Enfin, pour son premier déplacement en dehors de l'Europe, il devait se rendre en Afghanistan du 13 au 15 juin. Signe des temps : aucun président africain ne semble s'en offusquer…
