Des vagues dans l’océan FrançAfrique depuis l’arrivée de Hollande-Fabius
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- Publié le samedi 27 octobre 2012 12:59
- Écrit par LLC
Barbier victime des humeurs fabiusiennes
Sèchement remerciée par Laurent Fabius, la directrice Afrique et océan Indien du Quai d'Orsay, Elisabeth Barbier, vient grossir la liste déjà fournie de diplomates désavoués par le successeur d'Alain Juppé.
Evincée le 12 octobre par Laurent Fabius de son poste de directrice Afrique et océan Indien du Quai d'Orsay (DAOI, information révélée par le quotidien Libération le 15 octobre), Elisabeth Barbier a tout simplement fait les frais d'une incompatibilité d'humeur avec son ministre de tutelle. A moins d'une faute grave ou d'une nomination à un autre poste, il est rarissime qu'un diplomate chevronné soit remercié de la sorte, huit mois après sa nomination (LC nº627). Le chef de la diplomatie française n'aurait pas supporté de travailler avec l'ex-ambassadrice chargée de la renégociation des accords de défense entre la France et plusieurs Etats africains. Ultime humiliation : Elisabeth Barbier a appris la nouvelle juste avant de s'envoler pour Dakar et Kinshasa, dans le cadre du périple africain de François Hollande.
Ce remerciement brutal en pleine crise sahélienne en rappelle d'autres depuis l'arrivée de Laurent Fabius au Quai d'Orsay. En août, la DG de l'administration et de la modernisation du ministère, Nathalie Loiseau, ex-conseillère d'Alain Juppé (1993-1995), avait fait les frais des mêmes sautes d'humeur. Le conseil des ministres du 3 octobre l'a propulsée à la tête de l'Ecole normale d'administration (ENA). D'autres diplomates seraient sur le gril, à l'instar de Joseph Maïla, directeur de la prospective au MAE. Décapitée, la DAOI ne repose plus désormais que sur la directrice adjointe, Véronique Vouland, qui vient tout juste d'entrer en fonction. L'autre point de crispation du ministre demeure Yamina Benguigui, avec laquelle ses rapports sont notoirement mauvais.Alerte diffusée aux abonnés le 16 octobre
Sassou-Biya malmenés par Hollande
Les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et camerounais Paul Biya ont été reçus, tour à tour, un quart d'heure par François Hollande, le 13 octobre, en marge du 14e Sommet de la francophonie. Ils ont respectivement eu droit à une "sortie" sur les droits de l'homme et une fin de non-recevoir sur le dossier des biens mal acquis (BMA) de la part du président français. Avec Paul Biya, François Hollande a longuement évoqué - pour mieux le défendre- le cas de Michel-Thierry Atangana, un Français emprisonné depuis 1997 dans l'affaire Epervier. Le 4 octobre, ce dernier, défendu à Paris par Rémi Barousse (cabinet Froment-Meurice & associés), a écopé d'une nouvelle peine de vingt ans de prison après un procès expéditif. Aucun chef d'Etat français n'avait jusqu'à présent abordé frontalement le sujet. Paul Biya n'a pas réagi, se contentant d'écouter son homologue. Côté congolais, Sassou a pris les devants dès le début de la rencontre en se plaignant de l'affaire des BMA, qui "pose un problème dans la relation bilatérale". Le président congolais s'est dit "victime d'un acharnement". François Hollande lui a rétorqué qu'il ne fera pas obstacle à la justice sur ce dossier, confirmant des propos tenus le 12 octobre à Dakar, lors de la conférence de presse ayant ponctué son entretien avec Macky Sall. Le président français avait alors affirmé devant les journalistes : "Nous serons intraitables dans cette affaire et refuserons toutes pressions et espèces d'influence". Les questions économiques, en particulier les projets de l'Agence française de développement (AFD), ont également été abordées au cours de ces deux entretiens, organisés dans la salle de la délégation française à l'Assemblée du peuple de Kinshasa.
Ces africanistes qui ont l'oreille de Hollande
Personnalités du monde universitaire et des médias ont directement inspiré les interventions prononcées par François Hollande à l'occasion de son premier périple sur le continent. Enquête.
Belliard, le nouvel africain du Quai d'Orsay
Sauf changement de dernière minute, Jean-Christophe Belliard devrait remplacerElisabeth Barbier à la tête de la Direction Afrique et océan Indien du Quai d'Orsay (DAOI). Les équipes de Laurent Fabius lui cherchent déjà activement un successeur pour l'ambassade de France à Madagascar. Ce swahiliste de 53 ans avait été nommé dans la Grande Ile début août, après la fin de mission de Jean-Marc Châtaigner. Selon nos sources, Antananarivo a été proposé à Elisabeth Barbier qui a refusé, préférant une nomination à Pretoria.
Spécialiste reconnu de l'Afrique de l'Est et de la Corne, Jean-Christophe Belliard a accompli la majeure partie de sa carrière dans cette zone - loin du pré carré francophone. Entre autres postes, il fut troisième secrétaire à Khartoum (1985-1987), deuxième et premier secrétaire à Dar es-Salaam (1991-1992), puis consul en Afrique du Sud (1996-2002). Au moment de rejoindre Madagascar, il officiait comme ambassadeur en Ethiopie et comme représentant permanent de la France auprès de l'Union africaine(UA), dont le siège est basé à Addis-Abeba. L'administration centrale du ministère français des affaires étrangères ne lui est pas non plus étrangère : il y a travaillé à plusieurs reprises, notamment à partir de 2002.
Depuis plusieurs mois, Jean-Christophe Belliard, diplômé de l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), convoitait un poste à responsabilité au niveau français ou européen. L'an dernier, il avait posé sa candidature pour la direction Afrique de l'Est, Afrique australe et océan Indien du Service européen d'action extérieure(SEAE) à Bruxelles. En vain. Diplomate classé à gauche, il a également fortement espéré devenir le conseiller Afrique de François Hollande. Une fonction finalement revenue à Hélène Le Gal.
