Situation calme en Guinée Bissau,
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- Publié le dimanche 28 octobre 2012 23:17
- Écrit par AFP

L'attaque meurtrière d'une caserne de Bissau dimanche, présentée par le gouvernement
bissau-guinéen comme une tentative de coup d'Etat soutenue par le Portugal,
ex-puissance coloniale.
Cette attaque est venue confirmer l'instabilité chronique de la Guinée-Bissau, pays
miné par le trafic de drogue dont l'histoire est jalonnée par la violence
politico-militaire et les coups d'Etat depuis son indépendance du Portugal, en
1974, après une guerre de libération.
Accusé d'être derrière cet assaut par les autorités de transition - issues d'un coup
d'Etat le 12 avril ayant renversé le régime de l'ex-Premier ministre Carlos
Gomes Junior - le Portugal s'est refusé lundi à tout commentaire, se contentant
d'appeler "à la fin des violences" dans son ex-colonie.
"La situation est sous contrôle", a affirmé dimanche soir à Bissau le
gouvernement, quelques heures après l'assaut raté mené par un groupe d'hommes
armés, au nombre indéterminé, contre une caserne d'une unité d'élite de l'armée
de terre, les "Bérets rouges", à Bissalanca, près de l'aéroport de
Bissau.
Les assaillants ont pris la fuite après une heure d'échanges de tirs avec l'armée.
La fusillade a fait sept morts, six assaillants et un militaire loyaliste,
selon un bilan établi par l'AFP. Quatre des assaillants ont été arrêtés, selon
le gouvernement.
Ces prisonniers, montrés à des journalistes, avaient l'air abattu, mais ne
présentaient pas de blessure apparente à l'exception de quelques contusions.
Les assaillants étaient dirigés par le capitaine Pansau N'Tchama, considéré comme
proche de l'ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior.
Le capitaine N'Tchama, membre lui-même des "Bérets rouges", était à la
tête du commando ayant assassiné en 2009 le président Joao Bernardo Vieira. Il
est récemment rentré du Portugal où il était en formation militaire depuis
juillet 2009, selon des sources sécuritaires.
Acte poltron
Les recherches pour retrouver cet officier et les membres de son commando en fuite
se poursuivaient entre l'aéroport et la localité proche de Pefine Da Réia.
Une source militaire a indiqué à l'AFP que le passage était "strictement contrôlé" aux frontières du nord du pays, jouxtant le Sénégal, "à la suite d'instructions". "Certains fugitifs pourraient traverser vers ce pays voisin. Nous avons mis en alerte toutes nos unités à ce niveau", a-t-elle dit.
Lundi à Bissau, aucune perturbation n'était notée par l'AFP: les services
administratifs fonctionnaient et les habitants vaquaient à leurs occupations.
Aucune présence militaire n'était non plus visible dans les rues, hormis le dispositif
de contrôle au siège de l'état-major de l'armée, dans le centre-ville, qui a
été renforcé.
Dès dimanche, le gouvernement avait affirmé qu'il s'agissait d'une tentative de
coup d'Etat, en accusant le Portugal, le Communauté des pays de langue
portugaise (CPLP) et Carlos Gomes Junior, exilé à Lisbonne, d'en être "les
promoteurs".
Le ministère portugais des Affaires étrangères a réitéré lundi "ses appels à
la résolution pacifique des problèmes entre Bissau-Guinéens".
Sollicité par l'AFP, le gouvernement portugais s'est en revanche refusé dans l'immédiat à tout commentaire sur les accusations de Bissau, de même que la CPLP.
A Bissau, le Parti de la rénovation sociale (PRS, ex-opposition) de l'ex-président Kumba Yala a été la seule formation à avoir réagi à l'attaque de dimanche, qu'il a condamnée et qualifiée d'"acte poltron".
En raison de son instabilité, la Guinée-Bissau est devenue ces dernières années
une plaque tournante du trafic de drogue entre l'Amérique du Sud et l'Europe,
trafic dans lequel des militaires de haut rang sont soupçonnés d'être impliqués.
AFP
