Ebola : une « urgence de santé publique de portée mondiale »

 

 
En Sierra Leone, une affiche encourage les personnes atteintes des symptômes d'Ebola à se rendre dans les centres de soins.

Au terme d'une réunion de deux jours, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété, vendredi 8 août, que le virus Ebola représentait une « urgence de santé publique de portée mondiale ». Devant une situation qui continue de s'aggraver, il faut une « réponse internationale coordonnée » pour « arrêter et faire reculer la propagation internationale d'Ebola », estime le comité.

Lire l'appel du codécouvreur du virus Ebola, Peter Piot :  « C'est maintenant qu'il faut autoriser les traitements expérimentaux en Afrique »

Le dernier bilan de l'OMS fait état de 932 morts des suites du virus sur 1 711 cas (confirmés, suspects ou probables) : 363 en Guinée, 282 au Liberia, 286 en Sierra Leone et deux au Nigeria. Il s'agit de la plus grave épidémie depuis la découverte de cette fièvre hémorragique, en 1976.

Lire notre reportage : Avec les damnés du virus Ebola

  • Au Liberia, menace de grève du personnel de santé

L'armée libérienne a reçu ordre de limiter les mouvements de la population et contrôle strictement les accès à Monrovia, la capitale, en provenance des provinces touchées. Des centaines de personnes étaient ainsi bloquées par des barrages militaires entre le nord et la capitale, avant même la déclaration, dans la nuit, de l'état d'urgence pour 90 jours par la présidente Ellen Johnson Sirleaf. 

Lire aussi : « La population a peur et ne croit plus dans les hôpitaux »

Le syndicat des personnels de santé a par ailleurs menacé de se mettre en grève si le gouvernement ne lui fournissait pas le matériel nécessaire contre Ebola : « Nous n'avons pas de gants, ni de combinaisons, ni d'autres équipements requis », a déclaré Deemi Dearzrua, secrétaire général du syndicat.

  • En Sierra Leone, fermeture des lieux de loisirs

Les villes de « Kenema et Kailahun ont été mises en quarantaine », a annoncé un porte-parole du gouvernement, Abdulai Bayratay. Cette mesure pourrait durer soixante à quatre-vingt-dix jours, selon lui.

La présidence sierra-léonaise a annoncé, en outre, la limitation de la circulation des motos-taxis de 7 heures à 19 heures, et la fermeture immédiate des boîtes de nuit, salles de cinéma et vidéoclubs. De plus, « les malades d'Ebola qui meurent doivent être inhumés sur le lieu de leur mort », a exigé la présidence. Le pays a été placé en état d'urgence le 1er août.

 
  • Au Nigeria, suspension du mouvement de grève dans les hôpitaux

Les médecins des hôpitaux publics du Nigeria, en grève depuis le 1er juillet, ont annoncé jeudi la suspension de leur mouvement, eu égard à la gravité de la situation. Une deuxième personne est morte du virus, après avoir elle-même prodigué des soins au premier malade ayant succombé à la maladie dans le pays.

A Lagos, la ville la plus peuplée d'Afrique subsaharienne, avec plus de 20 millions d'habitants, cinq cas confirmés ont été placés en quarantaine. Le ministère de la santé a annoncé qu'il allait établir un contrôle des passagers des lignes aériennes qui quittent le pays pour éviter toute propagation du virus.

  • Cas suspect en Ouganda

L'Ouganda a annoncé vendredi avoir placé en isolement à l'aéroport d'Entebbe un passager présentant des symptômes du type Ebola et attendre les résultats d'un test pour déterminer s'il souffrait de la fièvre hémorragique. Selon le quotidien Daily Monitor, le patient, un Soudanais, employé de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a été stoppé à son arrivée sur le territoire.

  • Les Etats-Unis lèvent les restrictions sur un traitement expérimental

Face à l'épidémie, les appels aux mesures extraordinaires se multiplient, suscitant une polémique sur l'éventuelle utilisation de traitements prometteurs encore expérimentaux. L'agence des médicaments américaine (FDA) a ainsi décidé de lever partiellement des restrictions sur le TKM-Ebola de la société canadienne Tekmira.

Lire aussi : Ebola : les pistes de recherche de traitements et de vaccins

Les deux Américains infectés au Liberia et raptriés aux Etats-Unis ont été traités avec un autre sérum expérimental appelé ZMapp de la firme américaine Mapp Biopharmaceutical.

 Lire nos explications : Le « ZMapp », un traitement contre Ebola expérimenté sur deux Américains infectés

De hauts responsables américains ont par ailleurs jugé « inévitable » que des personnes ayant voyagé dans les pays africains touchés par l'épidémie entrent infectées aux Etats-Unis, mais ont affirmé ne pas craindre pour autant une épidémie étendue dans le pays.

Lire aussi : Ebola : quel scénario si une personne infectée arrive en France ?

Le Monde

 


Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir