Au deuxième jour de son voyage en Corée du Sud, le pape François a prononcé un virulent discours contre les affres de la société de consommation lors de la messe de l'Assomption, qu'il célébrait à Daejeon, au centre du pays.
Devant 45 000 fidèles réunis dans le « World Cup Stadium » de Daejeon, il a clamé que « l'espérance offerte par l'Evangile est l'antidote à l'esprit de désespoir qui semble croître, tel un cancer dans la société qui extérieurement est nantie mais qui souvent fait l'expérience de la tristesse intérieure et du vide ».
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LUTTER CONTRE LA « CULTURE DE LA MORT »
« A combien de nos jeunes ce désespoir a fait payer son tribut ! », a-t-il lancé dans une allusion aux addictions et aux suicides des adolescents, un fléau en Corée du Sud.
Dans une critique forte du modèle de société compétitif qui se répand de plus en plus en Asie, du Japon à Singapour, de Taïwan à la Corée et même à la Chine continentale, le chef de l'Eglise catholique, a brocardé « la culture de la mort qui dévalue l'image de Dieu, le Dieu de la vie, et viole la dignité de chaque homme, femme et enfant ».
Jeudi, déjà, le pape avait invité les 35 évêques sud-coréens à retrouver l'esprit missionnaire plutôt que d'être des « managers » et de bons gestionnaires. Avant de prendre un bain de foule dans le stade, Jorge Bergoglio a rencontré 38 rescapés et des proches des victimes du naufrage du ferry Sewol survenu en mer le 16 juillet à la pointe sud de la péninsule coréenne. La catastrophe avait fait 300 morts, la plupart des lycéens d'un même établissement en voyage scolaire.
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Le Monde
