La cessez-le-feu à Gaza a officiellement pris fin mardi 19 août à minuit, sans qu'Israéliens et Palestiniens aient pu se mettre d'accord sur sa poursuite. La trêve avait de fait été rompue dans la journée par des tirs de roquette sur le sud d'Israël.
L'armée israélienne y avait répliqué par des frappes contre l'enclave palestinienne. Ces bombardements, qui se sont poursuivis pendant la nuit, ont fait au moins huit morts, dont la femme et la fille d'un chef militaire du Hamas, Mohammed Deif, dont le sort est pour le moment inconnu.
Pour le ministre de l'intérieur israélien, Gideon Saar, ce dernier est une « cible » de longue date :
« Mohammed Deif mérite la mort comme [l'ex-numéro un d'Al-Qaida] Ben Laden. C'est une cible légitime, et lorsqu'une occasion se présente, il faut l'exploiter pour le liquider. »
Israël a déjà tenté par cinq fois d'assassiner cet enfant de la bande de Gaza, né en 1965 dans le camp de réfugiés de Khan Younès (Sud) et mêlé aux coups les plus durs portés contre l'Etat hébreu.
La reprise des violences a également mis fin aux négociations en cours au Caire pour trouver un compromis entre les deux parties en vue d'un cessez-le-feu durable.
« ISRAËL EST RESPONSABLE », SELON LE HAMAS
La branche armée du Hamas a revendiqué des tirs de roquette sur Israël, notamment sur Tel-Aviv. Des sirènes d'alerte ont retenti à Jérusalem dans la soirée. Mercredi matin, les tirs se poursuivaient de part et d'autre, relate le site du journal israélien Haaretz.
Selon Haaretz, un porte-parole du Hamas a justifié les attaques par « le fait qu'Israël traîne des pieds, [ce qui] prouve que le pays ne veut pas obtenir un accord de cessez-le-feu ». De son côté, Ezzat El-Rishq, un des dirigeants en exil du mouvement islamiste, a assuré qu'« Israël ne sera pas en sécurité tant que le peuple palestinien ne le sera pas, et c'est Israël qui a commencé ».
Face à cette reprise des hostilités, les habitants de Gaza ont recommencé à fuir les secteurs les plus exposés aux bombardements. Un journaliste de l'Agence France-presse a ainsi vu des centaines de personnes emportant sacs et matelas abandonner Chajaya, une banlieue à l'est de la ville de Gaza, pour aller s'abriter dans les écoles de l'Organisation des Nations unies transformées en refuges.
WASHINGTON CONDAMNE LE HAMAS
La rupture du cessez-le-feu provoque « l'inquiétude » de Washington, qui a clairement mis en cause la responsabilité du Hamas. « Nous appelons à la fin immédiate des tirs de roquette et à la reprise des pourparlers en vue d'un cessez-le-feu », a déclaré la porte-parole du département d'Etat Marie Harf.
« Nous condamnons la reprise des tirs de roquette et, comme nous l'avons dit, Israël a le droit de se défendre contre ces attaques. »
Depuis le déclenchement de l'offensive israélienne à Gaza, au début de juillet, les services médicaux palestiniens font état de 2 016 morts, de nouveaux corps ayant été découverts dans les décombres et des victimes ayant succombé à leurs blessures. L'armée israélienne compte 64 soldats tués, dont cinq par des « tirs amis », ainsi que trois civils.
Le Monde
