Des avions de combat Rafale ont ciblé, vendredi 19 septembre au matin, des positions des djihadistes de l'Etat islamique (EI) dans le nord-est de l'Irak. « Ce matin à 9 h 40, nos avions Rafale ont mené une première frappe contre un dépôt logistique des terroristes » de l'EI, a fait savoir le président Hollande dans un communiqué. L'objectif a été « entièrement détruit », précise-t-il. « D'autres opérations se poursuivront dans les prochains jours », ajoute la présidence.
La France devient ainsi le premier pays à se joindre à la campagne aérienne lancée le 8 août par les Etats-Unis contre les djihadistes. Jeudi, lors de sa conférence de presse, François Hollande avait annoncé avoir donné son accord à des « opérations de protection aérienne » en Irak. Les autorités irakiennes avaient sollicité l'appui militaire de la France dans leur lutte contre l'EI, lors de la visite du président Hollande à Bagdad, le 12 septembre. Après s'être emparé de Mossoul, la deuxième ville irakienne, le 10 juin, le groupe djihadiste a conquis la majeure partie des provinces sunnites du nord et de l'ouest de l'Irak.
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« Nous n'irons pas au-delà, il n'y aura pas de troupes au sol et nous n'interviendrons qu'en Irak », avait ajouté François Hollande jeudi, en précisant que la France n'opérerait pas en Syrie, dont l'EI a pris le contrôle de la majeure partie des provinces nord-est. Paris estime qu'aucun cadre juridique et politique ne peut légitimer une telle intervention, à la différence de l'Irak, où Paris agit suivant une demande officielle du gouvernement irakien. Barack Obama a dit quant à lui qu'il n'hésiterait pas à élargir les frappes de l'Irak à la Syrie, lors de la présentation de sa stratégie de lutte contre l'EI, le 10 septembre.
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ACCORD JEUDI MATIN
L'accord pour des frappes aériennes a été donné jeudi matin lors d'une réunion du Conseil de sécurité restreint. La France a procédé, lundi, à des vols de reconnaissance en territoire irakien. Le président américain, Barack Obama, avait salué cette décision. La France dispose d'une base militaire aux Emirats arabes unis, où sont stationnés six avions Rafale et neuf cents hommes. Ces capacités militaires doivent être renforcées.
Le président français a par ailleurs autorisé des livraisons d'armes aux Irakiens « pour que ces combattants puissent endiguer le terrorisme ». Le Parlement sera informé la semaine prochaine par le premier ministre, Manuel Valls, des conditions de l'engagement des forces françaises aux côtés de l'armée irakiennes et des peshmergas kurdes contre l'EI, dit-il dans son communiqué.
La montée en puissance progressive de la coalition d'une quarantaine de pays à l'initiative du président Obama se poursuit avec une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies dans la journée.
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Le Monde
