Les « jeunes patriotes » de Charles Blé Goudé, proche de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ont tué, violé, brûlé vives et persécuté des centaines de personnes lors des violences qui ont déchiré la Côte d'Ivoire après l'élection présidentielle de novembre 2010, selon la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda. Pour la magistrate, leur chef « est responsable de certains des pires crimes ».
Lire : Charles Blé Goudé à la CPI, une décision risquée pour la Côte d'Ivoire
« GÉNÉRAL DE LA RUE »
Charles Blé Goudé, surnommé « le Général de la rue » pour sa capacité à mobiliser les foules, est accusé d'avoir participé à un plan commun fomenté par Laurent Gbagbo et son entourage dans le but de conserver le pouvoir. Ils accusaient notamment la France, ancienne puisance coloniale, d'avoir comploté pour renverser le chef de l'Etat, bien que la victoire de son rival Alassane Ouattara ait été reconnue par la communauté internationale. Plus de trois mille personnes avaient été tuées pendant les cinq mois de violence qui avaient suivi le scutin.
Un mandat d'arrêt international visant Charles Blé Goudé avait été émis en 2011, alors que cette figure de l'ancien régime était en cavale. Arrêté au Ghana en janvier 2013, il est finalement livré un an plus tard par Abidjan à la CPI, où il a rejoint Laurent Gbagbo.
Les juges de la CPI ont émis un troisième mandat d'arrêt, contre l'ancienne première dame Simone Gbagbo, détenue depuis avril 2011 dans une résidence surveillée du nord-ouest de la Côte d'Ivoire. Un dossier plus sensible : envoyer à La Haye une femme, même épouse de chef d'Etat, est inédit, à l'heure où de plus en plus de dirigeants africains récusent la légitimité de la justice internationale.
A l'issue de l'audience de confirmation des charges à la CPI, qui dure jusqu'à jeudi, les juges doivent décider si le dossier de l'accusation est assez solide pour justifier un procès. Une décision doit être rendue dans les soixante jours.
Le Monde
