Burkina Faso : accord sur les contours d'une transition politique (Avec vidéo)

 

Les parties prenantes de la crise au Burkina Faso sont convenues d'une transition d'un an jusqu'à des élections présidentielle et législatives en novembre 2015.

Les parties prenantes de la crise au Burkina Faso – partis politiques d'opposition et proches de l'ancien président Blaise Compaoré, représentants de la société civile, dirigeants religieux et traditionnels ainsi que de l'armée – se sont mis d'accord, mercredi 5 novembre, sur les contours d'une transition politique.

Sous l'égide des présidents ghanéen, sénégalais et nigérian, venus en médiateurs, ils sont convenus de la formation d'un gouvernement de transition dirigé par un civil jusqu'aux éléctions prévues en novembre 2015, selon le Ghanéen John Dramani Mahama :

« J'ai confiance et je crois que dans quelques jours, plutôt que dans quelques semaines, le peuple aura un dirigeant intérimaire. »

Il n'y a pas eu d'accord sur le nom de la personne qui mènera cette transition, le communiqué issu des tractations mentionne la nomination d'une « éminente personnalité civile » dans les prochains jours. 

« PAS UN VULGAIRE COUP D'ÉTAT »

Assimi Kouanda (le second sur la droite), chef du parti du président déchu Blaise Compaoré, en juillet 2013.

Depuis la chute et la fuite de Blaise Compaoré, le lieutenant-colonel Isaac Zida a été désigné comme chef de régime intérimaire par l'armée. Mardi, il s'est engagé à « remettre aux civils » les rênes du pays, mais sans en préciser les modalités. L'ensemble des participants se sont également mis d'accord pour rétablir la Constitution de 1991 que le lieutenant-colonel Zida avait suspendue.

Zéphirin Diabré, un des chefs file de l'opposition, a participé à ces réunions parfois houleuses. « Ils ont compris que ce qui s'était passé ici était une insurrection populaire qui ne peut être traitée comme un vulgaire coup d'Etat », a-t-il déclaré à sa sortie. Interrogé par Le Monde en début de semaine, il avait déjà laissé entendre que l'armée n'était pas prête à garder le pouvoir coûte que coûte.

« L'armée a elle-même reconnu que ce qui s'est passé est une insurrection populaire conduite par l'ensemble des composantes de la société. Cela veut dire qu'il y a une acceptation que ce n'est pas l'armée mais le peuple qui a pris le pouvoir. Il se trouve que du fait de la vacance du pouvoir, l'armée a pris ses responsabilités. »

Si ces négociations ont partiellement éclairci l'avenir politique du Burkina Faso, l'heure des premiers règlements de comptes semble en tout cas avoir sonné à l'encontre des anciens dignitaires du régime Compaoré.

Assimi Kouanda, le chef de l'ancien parti présidentiel, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a été arrêté mardi soir, de même qu'Adama Zongo, le président d'un mouvement pro-Compaoré, ont révélé mercredi des sources sécuritaires. Le parti Front républicain, allié du CDP, s'est plaint que ses responsables soient menacés physiquement et que certains de leurs domiciles aient été attaqués.

Si vous n'avez rien suivi à la crise politique : Six jours qui ont changé le Burkina Faso

 

 

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