« Pour ne pas mettre en péril les progrès accomplis » au Liberia, où le nombre de nouveaux cas de fièvre Ebola semble avoir amorcé un déclin, Médecins sans frontières (MSF) estime que « l’aide internationale doit s’adapter à cette nouvelle phase de l’épidémie ».
Dans un communiqué en date du lundi 10 novembre, l’ONG, en première ligne dans la riposte à l’épidémie, confirme que ses équipes dans le pays « observent pour la première fois depuis le début de l’épidémie une diminution du nombre de patients atteints par Ebola dans les centres qu’elle gère. A Monrovia [la capitale], 50 patients sont actuellement admis dans le centre MSF conçu pour en accueillir jusqu’à 250, et à Foya, la structure Ebola de MSF n’a plus aucun patient confirmé depuis le 30 octobre ».
« Actuellement, il y a 50 à 100 cas suspects ou probables signalés chaque jour au Liberia » alors qu’« il y a deux mois, c’était près de 500 à 600 cas par jour », a confirmé à l’AFP le vice-ministre libérien de la santé Tolbert Nyensuah. Dans le bilan qu’elle publiait le 5 novembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait également qu’il « existait des preuves d’un déclin au niveau national au Liberia, bien que le nombre de nouveaux cas demeure élevé dans certaines parties du pays ». La fièvre hémorragique a pour l’instant fait 2 766 morts dans le pays.
« Aide financière injectée »
Mais le 29 octobre, le sous-directeur général de l’OMS en charge de la réponse opérationnelle aux situations d’urgence invitait à ne pas s’emballer, alors que l’épidémie est stable en Guinée et continue de progresser en Sierra Leone : « Un léger déclin des cas au jour le jour est une chose ; en arriver à mettre un terme à cette affaire est une autre paire de manches. »
MSF reste également prudent : « Ce déclin du nombre de cas pourrait cependant n’être que temporaire, comme il l’a été à deux reprises en Guinée, avant d’être suivi d’une reprise de l’épidémie. » Cette dernière, en Afrique de l’Ouest, a déjà fait 4 960 morts sur 13 268 cas enregistrés.
Dans le communiqué de l’ONG, la chef de mission au Liberia Fasil Tesera se réjouit de constater que, au Liberia, « de l’aide financière est injectée et d’énormes ressources sont déployées pour construire de grands centres d’isolement et de traitement d’Ebola ». Les Etats-Unis, en envoyant 3 000 soldats, ont en effet axé leur contribution sur ce pays avec lequel ils possèdent des liens historiques, comme le Royaume-Uni avec la Sierra Leone et la France avec la Guinée.
« Réponse complète »
Pour Fasil Tesera, « la priorité est maintenant d’élaborer des stratégies flexibles, permettant de répondre rapidement à des petits foyers éparpillés dans le pays et de rétablir l’accès aux soins de santé généraux ».
Dans cette logique, MSF défend le déploiement rapide d’équipes « mobiles et bien équipées » afin d’apporter dans chaque foyer épidémique une « réponse complète : investigation systématique des alertes, isolement, suivi médical des personnes ayant eu un contact avec des malades, organisation sanitaire des funérailles, mesures de décontamination et mobilisation des communautés locales ».
