L'EI affirme avoir assassiné l'otage américain Peter Kassig

 

Peter Kassig travaillant pour son ONG SERA à la frontière syrienne entre la fin 2012 et l'automne 2013. Cette photo a été rendue publique par sa famille le 4 octobre.

L'Etat islamique (EI) a revendiqué, dans une vidéo mise en ligne dimanche 16 novembre sur des sites djihadistes, la décapitation de l'otage américain Peter Kassig, un travailleur humanitaire enlevé en octobre 2013 en Syrie. L'EI, qui a revendiqué depuis le mois d'août l'exécution de quatre otages occidentaux, a diffusé une vidéo montrant un homme masqué vêtu de noir, une tête tranchée à ses pieds, affirmant qu'il s'agissait de Peter Kassig.

L'authenticité de cet enregistrement, diffusé par l'organe médiatique de groupes djihadistes Al-Furqan, n'a pu être vérifiée dans l'immédiat. Sa mise en scène diffère des précédentes exécutions d'otages filmées par l'EI : elle ne montre pas la décapitation de l'homme présenté comme M. Kassig, et ne le filme pas récitant un dernier message dicté par ses ravisseurs.

Elle met également en scène, avec une violence rare, l'assassinat d'au moins 18 hommes présentés comme des soldats syriens, alignés et entravés, agenouillés chacun devant un bourreau. L'un d'eux, probablement le même homme qui annonce la mort de Kassig, à l'accent britannique et vêtu de noir, dirige la scène et s'adresse au président américain Barack Obama, affirmant : « Aujourd'hui, nous égorgeons des soldats de Bachar. Demain, nous égorgerons tes soldats. » Cet homme pourrait être l'assassin présumé des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff.

BREF SERVICE EN IRAK

Originaire d'Indianapolis et âgé de 26 ans, Peter Kassig avait été capturé le 1er octobre à un point de passage de l'est de la Syrie, dans la province de Deir ez-Zor alors qu'il livrait du matériel médical, selon ses proches. Les médias n'avaient pas mentionné sa capture jusqu'à ce qu'il apparaisse à la fin d'une vidéo de l'EI montrant la décapitation de l'humanitaire britannique Alan Henning, le 3 octobre. Les djihadistes menaçaient de le tuer à son tour, en représailles aux frappes aériennes menées par les Etats-Unis en Syrie et en Irak. 

Lire l'enquête (édition abonnés) : L’enfer secret des otages de l’Etat islamique

Peter Kassig avait rejoint l'armée américaine en 2004, selon son dossier militaire consulté par l'agence Associated Press. Il avait brièvement servi comme ranger en Irak, entre avril et juillet 2007. Il avait été démobilisé pour raisons médicales.

Kassig avait alors étudié à l'université Butler d'Indianapolis avant de se rendre au Liban, en 2012, comme volontaire médical pour venir en aide à des réfugiés syriens, puis à Gaziantep, en Turquie, proche de la frontière syrienne. De là, il menait une petite ONG qu'il avait fondée en 2012, Special Emergency Response and Assistance (SERA). Celle-ci formait des civils aux soins médicaux et livrait de la nourriture, des vêtements et des médicaments, selon le père du jeune homme. Dans une interview au magazine Time, en janvier 2013, il expliquait le sens de son engagement. Kassig s'était converti à l'islam après son enlèvement en Syrie, selon ses proches, prenant le nom d'Abdul-Rahman.

Le premier ministre britannique, David Cameron, s'est dit « horrifié par le meurtre de sang-froid d'Abdul-Rahman Kassig. L'EI a une nouvelle fois montré toute sa perversité. Mes pensées vont à sa famille ». François Hollande a dénoncé « des crimes contre l'humanité ».

Le Monde

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