La France et la Grande-Bretagne se partagent la gestion de la crise migratoire

La France et le Royaume-Uni s’apprêtent à signer jeudi à Calais un accord de coopération bilatérale sur la gestion de la crise des migrants.  

Des policiers britanniques vont être déployés à Calais pour aider les autorités françaises à lutter contre « les organisations criminelles qui tentent de faire passer illégalement » des migrants entre la France et la Grande-Bretagne, a annoncé le ministère britannique de l’intérieur. Les ministres français et britannique, Bernard Cazeneuve et Theresa May, doivent officialiser un accord en ce sens, jeudi 20 août en fin de matinée. Au cours de l’été, Paris et Londres, qui s’accusaient mutuellement de ne pas en faire assez sur ce dossier, avaient fait du règlement de la crise des migrants sur leur sol « leur priorité absolue ».

Ces policiers, dont le nombre n’a pas été précisé, travailleront dans un nouveau centre de commande et de contrôle de Calais, en compagnie de leurs homologues français. Ce centre, qui « trouvera et démantèlera les membres du crime organisé qui tentent de faire passer en contrebande des migrants », sera sous la responsabilité de deux officiers, l’un britannique, l’autre français.

Parmi les autres mesures prévues en matière de sécurité figurent :

  • Le déploiement d’un plus grand nombre de policiers et gendarmes français dans la région de Calais.
  • Le financement par le Royaume-Uni de barrières de sécurité, de caméras de surveillance infrarouges et de personnels de sécurité supplémentaires dans le périmètre du tunnel sous la Manche.
  • Eurotunnel, l’opérateur du tunnel sous la Manche qui a dénombré plusieurs milliers de tentatives d’intrusion au cours de l’été, recevra aussi un « soutien » non spécifié afin de déployer des agents de sécurité sur le site.

Lire notre enquête :     A Calais, le très lucratif trafic de migrants

Renforcer « le dispositif humanitaire »

Le camp de migrants baptisé "nouvelle jungle", à Calais, le 14 août 2015.  

L’accord comprendra également des mesures « renforçant le dispositif humanitaire développé sur place avec les associations et les élus locaux, en particulier pour la protection » des « plus vulnérables ».

D’après le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), quelque 3 000 réfugiés et migrants vivent actuellement « dans des conditions déplorables » à Calais et dans le Pas-de-Calais. L’organisme international avait appelé la France à présenter un plan d’urgence « global », avec les moyens mobilisés lors des catastrophes naturelles.

Le port de Calais est devenu quasiment inaccessible avec l’installation de barbelés, de grilles hautes de quatre mètres et de caméras de vidéosurveillance, d’où une recrudescence des tentatives de traversée par le tunnel depuis le début de l’été. Le dispositif de sécurité y a déjà été renforcé pour tenter d’empêcher ces intrusions qui ont coûté la vie à une dizaine de migrants en quelques semaines.

Lire aussi nos explications :     Comment fonctionne la politique migratoire entre le Royaume-Uni et la France ?

 
 
Le Monde

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