Au moins deux Français ont été tués lors de l’attaque terroriste à Ouagadougou au Burkina Faso, qui a fait au moins 29 morts et une trentaine de blessés, vendredi 15 et samedi 16 janvier. « Notre nation est dans la peine », a déclaré le premier ministre Manuel Valls sur Twitter, assurant les familles de victimes de son soutien.
Un Portugais, qui travaillait dans la même entreprise que ces deux Français, une société de transports du Val-d’Oise, a également été tué.
Parmi la trentaine de blessés, la photographe franco-marocaine Leila Alaoui, actuellement exposée à la Maison européenne de la photographie à Paris, a notamment été grièvement touchée et se trouve dans un « état stable » après avoir été opérée, a précisé sa mère au site marocain Le360.
Procédure classique du fait de la présence de ressortissants français parmi les victimes, la section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie du dossier et a ouvert une enquête, samedi soir.
Les corps de trois djihadistes découverts
Six Canadiens, tous originaires du Québec, ont été tués dans l’attaque, a indiqué le premier ministre du Canada Justin Trudeau, qui a « offert aux autorités burkinabées de les assister au cours de l’enquête sur ce crime terrible ». Un Américain a également été tué, selon le département d’Etat, ainsi que deux Suisses.
L’identité de l’ensemble des victimes n’est toutefois pas connue, rendue difficile par la présence de corps calcinés après l’incendie déclenché par les terroristes dans le bar-restaurant où ils ont d’abord sévi. Ils ont mitraillé les clients du Capuccino, très fréquenté par les expatriés de Ouagadougou dont les deux Français tués.
Les assaillants, au nombre de trois ou quatre, se sont ensuite retranchés armés avec des otages dans un hôtel situé en face du Capuccino, le Splendid. Cet établissement de luxe de 147 chambres, situé au cœur de Ouagadougou, est notamment fréquenté par des Occidentaux et des employés des agences des Nations unies.
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Un premier assaut a été donné par les forces burkinabées, soutenues par des militaires français, vers 2 heures. Les environs de l’hôtel se sont transformés en champ de bataille, avec de nombreux véhicules en flammes et la façade de l’hôtel en feu. A l’aube, l’assaut s’est poursuivi en face de l’hôtel dans le café-restaurant Cappuccino pour ne s’achever qu’à la mi-journée. Les corps de trois djihadistes, tous des hommes « très jeunes » ont été identifiés a annoncé dans la soirée le ministre de la sécurité burkinabé, Simon Compaoré.
Pour cette opération, les forces burkinabées ont reçu l’aide de forces françaises présentes sur place ainsi que de forces américaines. Samedi soir, des renforts de police et de gendarmerie sont également partis de France pour venir en aide à l’enquête et à l’identification des victimes.
Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a revendiqué en son nom l’attaque, qui l’a attribuée au groupe djihadiste Al-Mourabitoune, mené par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. C’est ce groupe qui avait revendiqué l’attaque contre l’hôtel Radisson Blue à Bamako qui avait fait 22 morts le 20 novembre dernier.
Samedi, les autorités burkinabées ont par ailleurs annoncé que deux ressortissants étrangers ont été enlevés, vendredi dans le nord du pays. Il s’agit d’un couple d’octogénaires australiens installés au Burkina depuis 1972 d’après une source du renseignement burkinabé contactée par l’Agence France-Presse. Leur rapt a été revendiqué par un responsable du groupe djihadiste malien Ansar Dine. Selon lui, les deux étrangers sont aux mains de djihadistes appartenant à « l’Emirat du Sahara », également lié à AQMI.
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Le Monde
