Augmentation salariale : après Sékoutouréyah, les Syndicats restent intransigeants
- Détails
- Publié le mardi 13 mars 2012 18:31
- Écrit par Diawo Labboyah
Le 12 mars, huit centrales syndicales réunies à la Bourse du travail, ont fait une déclaration commune lue par Amadou Diallo, Secrétaire général de la CNTG
(Confédération nationale des travailleurs de Guinée). Les syndicalistes réclament, entre autres, l’augmentation de 200 % du salaire des travailleurs, mettent en garde contre l’immixtion de l’Administration dans les affaires syndicales, demandent la levée des barrages sur toute l’étendue du territoire, exceptés les barrages frontaliers.
Dès que la nouvelle a atterri au Palais Sékoutouréyah, le Président Alpha Condé a fait venir les syndicalistes pour en savoir davantage sur leurs motivations. Après explication, il leur aurait demandé de patienter pendant quatre mois, le temps pour le pays d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Proposition rejetée par les hôtes du Président de la République, qui affirment ne plus être en mesure d’attendre. Les travailleurs souffrent énormément et la ménagère ne sait plus à quelle denrée alimentaire se vouer. Le Secrétaire général de la CNTG trouve plus que raisonnable la réclamation d’une augmentation de salaire de 200 % :
« C’est petit même. Depuis l’avènement du Président Alpha Condé au pouvoir, on augmenté deux fois le prix du carburant, sans revoir les salaires".
À la question de savoir pourquoi les syndicalistes n’ont pas pris part au Séminaire gouvernemental de Kindia sur la Réforme de l’Etat et la modernisation de l’Administration, Amadou Diallo explique que le Mouvement syndical n’a pas été associé à l’élaboration du document. Alors que celui-ci intéresse les travailleurs à plus d’un titre. Il en va de même pour la mise en place du Comité de pilotage pour l’assainissement du fichier de la Fonction publique et de la biométrie. Ce qui constituerait selon Yamodou Touré de l’ONSLG (Organisation nationale des syndicats libres de Guinée), une violation de la Convention 144 de l’OIT sur la consultation tripartite. Les leaders syndicaux l’ont fait savoir au Chf de l'Etat Alpha Condé à l’occasion de leur rencontre. Celui-ci a joint son ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation pour explication sur l’exclusion des syndicats. Pour sauver la face, Alhassane Condé aurait nié la mise en place du Comité. Les hôtes du Président lui ont promis de prouver le contraire en lui envoyant la copie de l’arrêté qui en fait foi.
Les syndicalistes souhaitent aussi la simplification du processus d’assainissement du fichier de la Fonction publique et du recensement biométrique qui exigerait même des fonctionnaires alignant des états de service de 30 ans, de présenter leurs diplômes du BEPC (Brevet d’étude du premier cycle) ou du baccalauréat.
Le Mouvement syndical ne veut plus entendre parler de « bicéphalisme » au sommet de la CNTG. Amadou Diallo et son équipe restent et demeurent les seuls locataires de la Bourse du travail. Quiconque n’est pas convaincu peut venir voir qui occupe les locaux de la CNTG, disent-ils. Le Mouvement syndical a fustigé la présence « des individus qui ne représentent aucunement la CNTG encore moins le Mouvement syndical guinéen à la rencontre de Condéyah (Kindia) ». En effet, on a signalé la présence de Yamoussa Touré, candidat malheureux au 16e Congrès de la CNTG au Séminaire de Kindia. Celui-ci aurait même pris la parole en qualité de secrétaire général de la CNTG.
