Gomez est mort
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- Publié le samedi 31 mars 2012 22:32
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Je viens d'apprendre la mort à Paris d'Alsény Louis-René Gomez. Il me semblait tellement diminué quand je l'ai vu à la foire du livre de l'année dernière, au Stand de l'Harmattan, que je ne l'ai pas reconnu. Gomez l'homme fort de la Présience sous le règne de Conté, était l'incontournable de la Présidence, par qui il fallait montrer patte blanche avant de voir le Président. Fût-on ministre. Il fut un temps, mais c'était une autre vie, seul l'ex porte-parole du CMRN, le Colonel Facinet montait quatre à quatre l'esclier pour aller voir "Conté"sans rendez-vous.
Gomez avait fait 8 ans au Camp Boiro, épreuve qu'il a eu juste le temps de narrer dans un témoignage quelque peu tardif, mais émouvant et édifiant.
Il était aussi, avec Salifou Sylla, alors ministre de la justice, maître d'oeuvre de la trop fameuse loi anticasseurs qui continue encore à plomber l'entrée dans l'Etat de droit. Mais aujourd'hui, c'est le temps du deuil national, car il fut un de nos plus hauts commis de l''Etat qui pour la premières fois, essaya de mettre un certain ordre à la présidence, évitant le "foutoir" type Camp Alpha Yaya d'un certain Capitaine, héros d'un show célèbre, qui finit dans l'horreur.
L'histoire comptabilisera-t-elle cette organisation du ministère-secrétariat à la présidence comme un des actes positifs qui participent de l'économie pour le peuple guinéen du drame qui fut une conséquence de la confusion de la politique au plus haut niveau, au Camp Alpha Yaya investi par le CNDD, avec le spectacle dans son acception la plus folklorique ?
C'était un homme de foi, et un croyant fidèle. Comme une affaire de famille. Il était le frère aîné de Monseigneur Albert Gomez. C'est dire que la vocation n'était pas loin.
Wa Salam, Alséni.
Que ses parents, proches et amis trouvent ici l'expression de mes condoléances sincères.
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
