Kassory actuconakry

Pas besoin d’être dans les confidences du pouvoir pour deviner que la nomination de l’ex-argentier de l’Etat, Ibrahima Kassory Fofana, en qualité de ministre d’Etat à la Présidence de la République, chargé des questions d’investissements et des partenariats public-privé (CPI-PPP), découle d’une certaine volonté du Pr Alpha Condé de donner un souffle nouveau au secteur privé guinéen. Quoiqu’ayant plus d’une corde à son arc, le nouvel ‘’élu’’ va cependant devoir venir à bout de pas mal de résistances, parfois des plus farouches au sein d’un maillon essentiel de ce secteur, en l’occurrence les Organisations patronales…

On l’a souvent dit et redit, le secteur privé guinéen a sacrément de mal à jouer le rôle qui lui revient naturellement dans un Etat ‘’normal’’. Si le Secteur informel, la Chambre de Commerce et les Chambres consulaires en constituent des démembrements importants, les Organisations patronales le sont nettement plus, parce que constituant elles une sorte de vecteur de l’économie nationale. De ce point de vue, elles sont perçues comme les principales pourvoyeuses d’emplois, partenaires privilégiées du pouvoir. Cela s’entend bien sûr dans le contexte d’une économie libérale mieux structurée et planifiée. Cependant, minées par la division de ses principaux acteurs, surtout de ceux-là mêmes qui devraient en être les indispensables leviers, les Organisations patronales guinéennes battent pratiquement toutes de l’aile. Une seule, le Conseil National du Patronat Guinéen (CNP-G) pouvant se targuer d’être la seule à être reconnue à l’extérieur, au sein d’une instance comme la Fédération des Organisations Patronales de l’Afrique de l’Ouest (FOPAO).

N’empêche que si le secteur privé guinéen a ses défauts, se manifestant surtout à travers ces Organisations patronales, il a bien entendu aussi des qualités. Des qualités que le tout nouveau ministre d’Etat, Ibrahima Kassory Fofana, ancien ministre de l’Economie et des Finances du temps du régime Conté, va devoir aider à mettre en évidence. Puisqu’ étant chargé désormais, aux côtés du Président de la République, de s’occuper des questions d’investissements et des partenariats public-privé. Pour ce faire, évidemment, il va devoir s’adresser à des structures, sinon des interlocuteurs crédibles.

En s’y prenant bien, le nouveau ministre d’Etat découvrira sans grande peine que la Guinée compte depuis quelques années maintenant plusieurs Organisations patronales, évoluant hélas de façon dispersée, dans une logique d’antagonisme qui ne s’est souvent pas démentie, sur fond de clivages politiciens. Quoi de plus normal donc qu’aucune n’émerge véritablement ! Pour des raisons d’efficacité, bien sûr qu’elles auraient tout intérêt, à défaut de se fondre les unes dans les autres, de tendre vers une sorte de Fédération, qui deviendrait de facto la principale interlocutrice à la fois du pouvoir en place et de l’extérieur.

A ce niveau, hélas, les réticences se sont faites parfois très fortes. Au point que de bonnes volontés ayant pressenti la nécessité de semer et d’entretenir la graine de l’union ont dû se résoudre à renoncer. C’est le cas en premier du Chef de l’Etat lui-même, le Pr Alpha Condé, qui, à plusieurs reprises, a demandé aux patrons guinéens de tendre vers une structure faîtière qui serait à même de les représenter plus efficacement.

Au finish, on assiste jusqu’aujourd’hui à une sorte de statuquo. Nos Organisations patronales éprouvant toutes les peines du monde à émerger en s’assumant, Kassory Fofana saura-t-il en fin de compte faire bouger les lignes ? L’avenir nous le dira certes. Mais il gagnerait à tous les coups à nouer le dialogue avec tous les acteurs potentiels ou réels concernés.

Hassane Kabactoconakry

Non relu (pour raison de souci de vue)par nrgui.com

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