Dites au Président Alpha Condé que les articles 27 et 154 de la constitution excluent un troisième mandat présidentiel en Guinée.
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- Publié le mardi 17 mai 2016 00:51
- Écrit par Ibrahima Sory Makanéra
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Guinée Conakry, 16/05/2016. Nouvelle République de Guinée. La volonté de destruction de la constitution guinéenne par le président Alpha Condé et de certains de ses proches tels que le déshonorable Damaro Camara qui est déjà sous de lourdes accusations relatives au coup d’État de 1985 ne fait plus de doute. Lors de sa dernière sortie médiatique, le déshonorable Damaro Camara avait soutenu que « l’éventuel troisième mandant du président Alpha Condé ne doit pas être écarté et que c’est le peuple qui décidera le moment venu ». Les mêmes propos ont été tenus par le président Alpha Condé lors de sa conférence de presse du dimanche 15 mai 2016 devant la presse nationale et internationale. Beaucoup d’autres manœuvres sournoises sont en cours telles que le plan de destitution du président de la cour constitutionnelle du seul fait que ce dernier reste opposé à la modification constitutionnelle permettant le troisième mandat pour le président Alpha Condé.
Je porte à la connaissance du peuple de Guinée que sa constitution est inviolable sur les points concernant le nombre et la durée du mandat présidentiel. Aucune révision constitutionnelle ne peut porter sur les articles régissant ces points.
Selon l’article 27 de la constitution :
« Le président de la République est élu au suffrage universel direct.
La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois.
En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non ».
Quant à l’article 154 de la constitution, il dispose ce qui suit :
« La forme républicaine de l'État, le principe de la laïcité, le principe de l'unicité de l'État, le principe de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l'objet d'une révision ».
Le président Alpha Condé et le déshonorable Damaro Camara disent que c’est le peuple qui décidera de la possibilité ou non du troisième mandat du président Alpha Condé.
Dites leur qu’en adoptant cette constitution directement ou indirectement, le peuple s’était déjà exprimé sur ces questions en adoptant les articles 27 et 154 qui interdisent que la révision constitutionnelle relative à la modification du nombre de mandat présidentiel et la durée du mandat présidentiel soit soumise au référendum. Le seul fait de soumettre ces questions au référendum est une violation flagrante de la constitution passible de la haute Cour de justice de la République dans le sens de l’article 119 de la constitution pour violation du serment présidentiel contenu dans l’article 35 de la constitution.
Le peuple de Guinée doit se rendre à l’évidence que, renoncer à sa dignité humaine, se défaire de ses droits les plus fondamentaux qualifiés d’inaliénables et d’imprescriptibles par la constitution du seul fait que le président Alpha Condé dispose de billets de banque qu’il distribue et du pouvoir de nomination, fait qu’il considère mieux les animaux que les Guinéens. S’il avait la moindre considération pour le peuple de Guinée, ce n’est pas au début de son mandat et en période de pauvreté extrême de la population qu’il allait nous informer de sa volonté de piétiner notre contrat social après s’être servi de ses dispositions sans modération et il continue de s’en servir entre autre par le biais du budget de la présidence qui est de 150 000€ par jours (vérifiable dans les lois de finances 2016).
On ne peut qu’avoir honte d’être Guinéen, ce peuple dont les adultes y compris les religieux à l’exception de mon seigneur Robert Sarah ont fui
la vérité et ont remplacé Dieu par l’argent. Un peuple qui échange l’avenir de son pays et celui de ses enfants contre des sacs de riz distribués dans les quartiers est peuple insensé.
Le président Alpha Condé vient de donner l’occasion au peuple de Guinée de reconquérir sa dignité perdue. Le monde nous regarde.
Vive la République de Guinée, que le bon Dieu nous protège des drames humains que prépare le président Alpha Condé, semblable à celui créé par le président burundais pour seul motif de boulimie du pouvoir et de l’argent.
Par Makanera Ibrahima Sory
Secrétaire fédéral de l’UFR France
