Hommage hystérique d'Isto Kéïra à Kéïta Fodéba !
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- Publié le mercredi 16 mai 2012 01:01
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Sans Fodéba, la Négritude des Senghor, Césaire n'aurait pas existé !
Sur sa lancée, il aurait pu continuer cette révolution copernicienne et faire que les pères fondateurs deviennent les fils..spiritueux..
La culture guinéenne se porte vraiment comme un.. vain cuit (W Sassine) !
Lisez comment elle s'étale devant des centaines de petites têtes assoiffées de culture dans cette émission :
Culturellement.. votre !
Où est passé l'accent circonflexe
Sans Fodéba, Camara Laye, le konden Diarra, Kakilambè, Nimba, etc0
Et les Intellectuels guinéens se taisent, laissent passer ces contresens historiques !
Fodéba Kéïta, ancien de William Ponty est mort deux fois. La première fois, quand il a accepté non pas de rentrer en Guinée, mais de laisser tripatouiller les Ballets africains en Ballets Guinéens. Certes, il y avait toujours les talentueux, les géniaux Facély Kanté, Mamadou Touré, (qui fut époux de Maryse condé (Ségou), Italo Zambo, Luis Akin et j‘en passe, rencontrés pour la plupart tout jeunes je ne sais plus sur quelle rive de l’exil, qui fascinèrent Fodéba, alors qu’il recrutait ici et là de jeunes talents noirs pour créer les Ballets Africains.
Sa seconde mort comme chacun sait a été perpétrée au Camp Boiro.
Voilà qu’on entame son troisième martyre, le massacre de sa mémoire, de son œuvre en la dénaturant. Comment Fodéba peut-il avoir été l’inspirateur de Césaire, de Senghor qui inventèrent la Négritudes avant la guerre. Où voit-on une trace de l’Enfant noir dans la création de Fodéba, sinon qu’ils ont en partage la culture mandingue de Kouroussa ? L’enfant noir a été publié en 1956, certes, et Fodéba était déjà en France dès 1948.
Récupérez Césaire, Senghor, Camara Laye, et bientôt WEB Dubois, Georges Padmore, et tous les inspirateurs de Césaire, Senghor, les Léon Gontran Damas, Alioune Diop, Guy Tyrolien, voire les américains Claude Mc Kay ou l’ancêtre ou Maître des Rasta, le « prophète » du Retour au pays natal en Ethiopie, Marcus Garvey,on pourra enfin être tranquille à Sékoumachinya, où l’on est en mal de légitimité, de continuité entre Soundiata Keïta et le RPG-arc-en-ciel.
Quand à Camara Laye, il avait déjà en tête le « génie de la race » de l’enfant noir » quand il a débarqué » en France. Lisez :
« Après l'obtention d'une bourse d'étude grâce à ses excellents résultats, Camara Laye part en France en 1946 où il étudie à l'École centrale d'ingénierie automobile à Argenteuil »
Et alors on pourra aller tranquillement aux législatives.
Mais a-t-on besoin d’humilier les hommes d’Histoire, de Culture qui vivent en Guinée et qui ne peuvent pas fermer la gueule à ce bonimenteur de la RPGtv qui s’est livré à ce honteux amalgame ?
Car c’est bien Fodéba Kéïta qui a écrit ce qui suit en hommage à Facély Kanté. C’était il y a longtemps, vraiment longtemps avant qu’il eût inventé « la cabinet technique » où il fut enseveli lui-même.
Obituaire, par Keita Fodéba
« En 1948, c'est avec beaucoup de peine que je quittais mon frère Facély pour la France. A Paris je devais retrouver des amis d'E.P.S, Touré Ismaël, Conté Saidou, et Diop Alassane, qui m'aidèrent à faire venir Facély en France pour créer ensemble une troupe qui devait devenir les Ballets Africains dont le Comité directeur était, dès le début, composé de Facély, Touré Ismaël, Conté Saidou, Aw Amadou, l'actuel ministre des T.P. du Mali et de moi-même. C'est ainsi que dix durant Kanté Facély a été l'âme des Ballets Africains dont il était le directeur artistique ».
1939-1946-1948 : méditez bien ces trois dates messieurs les organisateurs du troisième meurtre de Fodéba. Et n’oubliez pas ceci :
La négritude est un courant littéraire et politique, créé avant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire], rassemblant des écrivains noirs francophones, dont Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Birago Diop et René Depestre notamment. Lié à l'anticolonialisme, le mouvement influença par la suite nombre de personnes proches du Black nationalism, s'étendant bien au-delà de l'espace francophone.
Le terme est forgé par Aimé Césaire dans le premier et seul numéro de la revue des étudiants congolais L'Étudiant noir. Il revendique l'identité noire et sa culture, d'abord face à une francité perçue comme oppressante et instrument de la comptabilité coloniale française (Discours sur le colonialisme, Cahier d'un retour au pays natal). Cesaire l'emploiera de nouveau en 1939 lors de la première publication du Cahier d'un retour au pays natal.
S’étaler sur une telle inculture officielle et politicienne, c’est y participer. Je crois avoir donné quelques repères aux jeunes pour revisiter toute cette mascarade.
Sinon, comme disent les Dogons, salut de fatigue.
Saïdou Nour Bokoum

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