LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : DES NOBEL CELEBRES AVEC DES NOMS DE CHEZ EUX.

Je commence cette contribution par un rappel et un remerciement. Le quatre février 2014, j’ai été, pendant près de trois heures, l’invité de notre frère Jacques-Roger, à son show. Même si c’est avec un retard indépendant de ma volonté, je lui exprime ma gratitude la plus sincère.

Je suis aussi reconnaissant à ses auditeurs, dont le regretté Dr Kemet-Djika Massa – son nom est ici 100% noir - du Canada, et tous ceux qui, à partir des Etats-Unis ou d’Europe, étaient intervenus sur le sujet, qu’ils eussent d’abord lu certains de mes articles ou pas du tout. Les échos me parvenant au sujet des rediffusions de ce débat, me prouvent l’intérêt et l’importance du sujet dans le cœur du frère Jacques-Roger, même si « pour l’instant, il maintient de se faire appeler par ce nom de blanc »… (Sourire).  

C’est aussi et enfin l’occasion de lui poser une autre question. Celle-ci m’est revenue après la remise des prix Nobel de la Paix à Malala Yousafzai, l’adolescente pakistanaise et à l’indien Kailash Satyarthi. Au cours de son émission, l’animateur Jacques-Roger, 100% noir et africain, sans hésiter, avait exprimé son horreur face à mon joli nom d’africain, pas dans son existence en général, mais par rapport aux américains : « Tu veux que nous portions nos noms africains, mais, comment veux-tu par exemple, que les américains prononcent facilement ton nom Gbodiallo ? » Ainsi, l’expression de son souci en faveur des américains, explique sa conviction selon laquelle nous, les noirs, devons adopter sans réfléchir et sans remords les prénoms des blancs.       

En plus de ma réponse d’alors, je lui retourne sa question sous une autre forme, puisqu’il a aussi suivi les informations concernant les deux lauréats sur les chaînes de radio et de télévision américaines. Les journalistes de l’Oncle Sam avaient-ils eu des difficultés à prononcer ces noms pakistanais et indiens ? Je pourrais alors continuer mon propos en posant encore des questions et des questions au frère Jacques-Roger. Par exemple : Pourquoi ces deux lauréats n’ont-ils pas adopté des prénoms de nos maîtres, en allant récupérer leurs prix ? Le public les a-t-il hués, parce qu’ils ne possédaient pas de prénoms juifs, arabes ou latins ? Ont-ils un instant eu le complexe de ne posséder que des noms de chez eux au lieu des prénoms étrangers ? Le monde les oubliera-t-il vite parce que leurs noms sont méconnus des maîtres des noirs ?

Je l’ai déjà souligné ici, les indiens sont devenus indépendants après avoir passé plusieurs décennies sous la colonisation anglaise. Mais attachés à leurs valeurs, dont les noms en premier,  ils n’ont pas laissé leur identité se prostituer, contrairement à nous, les noirs, champions du vol des noms des blancs. Et parce que les indiens n’ont jamais voulu qu’être eux-mêmes, ils savent ce que faire, où aller, quelle éducation forte donner à leurs enfants, etc. Surtout et surtout quels noms leurs vont le mieux. Ils n’ont pas voulu et ne voudront jamais porter les séquelles esclavagistes. Les noirs, eux veulent demeurer les esclaves des blancs pour les siècles des siècles. Ils ne savent que donner des noms des blancs à leurs enfants. Et puis après, c’est zéro. Le cas de cette kenyane qui avait donné les noms Obama et Romney à ses jumeaux est l’expression typique du piteux état d’esprit des noirs dans leur fascination pour tout ce qui vient de nos maîtres blancs.        

Noirs amoureux et voleurs des noms des autres, je nous interpelle. Voyons-nous ici que les noms des deux vainqueurs du Nobel de la Paix sont à 100% des  noms pakistanais et indiens ? La jeune fille de dix-sept ans et l’adulte de 60 ans – plus âgé de trois semaines que votre serviteur – sont devenus célèbres avec leurs vrais noms. Avec ces noms-là, ils méritent autant d’honneurs, autant d’importance, autant de respect que ceux qui portent les noms dont les noirs africains sont friands sans raison valable. Ils aident leurs noms à rester sur cette terre, ils ne les font pas disparaître, contrairement à nous qui pensons que les nôtres n’ont aucun droit d’exister.

Mais, est-ce que nous savons au juste de quoi je parle ? Est-ce que nous savons la valeur, le sens, l’importance de nos noms de noirs ? J’arrête ici mes questions, parce que nous n’aurons jamais le temps de les lire ni de nous les poser. Bravo à vous, Malala Yousafzai et Kailash Satyarthi. Bravo aussi à vos pays qui luttent pour le maintien de votre identité culturelle.

Oh non ! J’oubliais. Frère… Jacques-Roger, je t’apprends que les américains arrivent à prononcer mon nom Gbodiallo. Je le leur apprends, les aide, au besoin les prends par le collet, même si je suis convaincu qu’ils sont plus forts que moi physiquement. Mais leur loi est là, pour me protéger, si à cause de mon nom j’ai pleinement raison. 

Si je fournis l’effort de prononcer à leur façon, leurs noms comme Ethan, Theo, Aaron, Saewald, Chassydown, etc., ils doivent en fournir pour prononcer le mien et tous les autres jolis noms africains. Oh oui, ils ont intérêt à bien prononcer mon nom. Parce que c’est mon nom et ma meilleure richesse humaine.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla

Le Fils d’Afrique. 

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