Alpha Wann : NOUS TENONS NOTRE DESTIN EN MAIN, NE CEDONS PAS A LA FATALITE
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- Publié le dimanche 18 octobre 2015 11:03
- Écrit par Alpha Wann
Alpha Wann : NOUS TENONS NOTRE DESTIN EN MAIN, NE CEDONS PAS A LA FATALITE
A l’élection présidentielle du 21 novembre 2010, Blaise Compaore s’est attribué 80,15% des voix exprimées face à 6 autres candidats de l’opposition. Depuis cette date, il n’a été confronté qu’ à des troubles jusqu’à ce qu’il fut chassé par la rue en 2014. Sa garde prétorienne le RSP qui a tenté de remettre en cause le changement, a été démantelée et ses chefs croupissent en prison. Où sont ses thuriféraires aujourd’hui?
Par contre les présidents Jerry Rawlings et John Kuffor vivent paisiblement à Accra avec tous les honneurs et le respect dû à leur rang parce qu’ils ont accepté les règles démocratiques. Ils sont la fierté de la nouvelle Afrique.
Quant à Alpha Conde, contre la réalité électorale du pays, il a préféré s’imposer par un coup de force. Il pense que les guinéens auront peur de ses milices.
Ironie de l’histoire, lui qui dans sa jeunesse estudiante à la FEANF criait des slogans contre ceux qu’ils appelaient les dirigeants fantoches, suppôts du néo-colonialisme qui seront “jetés dans les poubelles de l’Histoire” eh bien à 77 ans, en tant que dirigeant autocrate qui confisque la souveraineté populaire de son peuple, sa place ne sera non plus que ‘dans les mêmes poubelles de l’Histoire”.
Contrairement à 2010, Cellou Dalein Diallo conteste formellement la mascarade électorale et se réserve le droit de contester la légitimité du pouvoir de Alpha Conde par la rue conformément aux articles 10 et 21 de notre Constitution.
Ce combat n’incombe pas qu’aux hommes politiques, mais à tous les guinéens qui veulent la démocratie et l’Etat de droit dans notre pays.
Nous ne devons jamais céder aux menaces et aux violences de ceux qui veulent maintenir notre pays dans les ténèbres où règnent en maitres les plus médiocres de nos compatriotes.
Un pouvoir ne doit être accepter à la rigueur que s’il respecte la légalité constitutionnelle. Mais lorsque des forbans s’emparent du pouvoir d’Etat en violant les lois du pays, il faut bien qu’une fraction du peuple qui tient aux libertés et au droit se soulève pour les chasser du pouvoir.
C’est une constance historique que les dictateurs soient chassés du pouvoir et que personne ne peut contester la légitimité des peuples qui le font.
Nous restons mobilisés et dès que le moment sera propice, nous reprendrons en main notre souveraineté. Tous ceux qui veulent donner une normalité à ce coup d’Etat se trompent, nous n’abdiquerons pas et nous ne baisserons jamais nos bras tant que la dictature ne sera pas vaincu dans notre pays.
Je sais que des millions de guinéens sont en ce moment frustrés, à tous ceux qui malgré tout, sont allés voter contre ce système, je leur dis de garder la foi et que le Changement aura lieu.
C’est toujours une minorité agissante, courageuse qui mettra en oeuvre le Changement souhaité par la majorité silencieuse qu’elle représente concrètement sur le champ politique.
Je rends hommage à tous nos martyrs tombés pour défendre la démocratie et l’Etat de droit dans notre pays, depuis son indépendance en 1958.
Je loue particulièrement le courage de :
-Me Ibrahima Diallo, arrêté et exécuté en 1960 avec ses compagnons pour avoir oser rédiger un manifeste pour la création de leur parti dénommé Parti Progressiste de Guinée PPG,
-M. Mamadou Toure dit petit Toure, arrêté et exécuté en 1965 avec son frère Keletigi Toure et ses autres compagnons pour avoir oser déposer au Ministère de l’Intérieur les statuts de leur parti dénommé Parti de l’Unité Nationale Guinéenne PUNG,
-Elhadj Diafode Kaba et M. Boubacar Fofana, arrêtés et morts peu après leur libération, pour avoir oser se présenter candidats à l’élection présidentielle de 1968,
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- les jeunes de l’axe de la démocratie, assassinés par centaines en janvier-février 2007, encore massacrés en 2009, toujours assassines depuis 2010 à nos jours.
Vous pensez que nous allons jeté leur martyr par pertes et profits et nous soumettre à un autocrate? JAMAIS.
Le combat est une continuité historique, chaque génération fera sa part de sacrifice jusqu’à ce que le droit triomphe.
L’occident nous a montré la voie à suivre, nous la suivrons sans faiblir. Leurs ancêtres se sont sacrifiés pour que leurs descendants jouissent de la liberté. Aujourd’hui, nous fuyons par millions l’oppression, la misère, l’Etat de non-droit dans nos pays pour aller retrouver la liberté et la sécurité en occident.
Aux dirigeants occidentaux qui soutiennent des autocrates comme Alpha Conde, qu’ils ne soient pas surpris que des centaines de millions de jeunes africains partent à l’assaut de leurs frontières barricadées, or historiquement, les murailles les plus hautes finissent toujours par tomber. Avec plus de 2 milliards d’africains en 2050, que feront nos jeunes sans perspectives dans leurs pays? Braver les océans et tous les obstacles sur leur chemin pour chercher un autre avenir que celui que nous réserve nos despotes qu’ils soutiennent.
Mais c’est à nous jeunes guinéens de ne pas céder au fatalisme et se rappeler que dans toutes les batailles pour la démocratie dans le monde, dans toutes les armées du monde, ce sont les jeunes qui sont en première ligne pour se battre.
Nous ne devons rien craindre, parce que nous défendons le juste droit et personne ne peut valablement nous le contester.
Les leaders politiques responsables de la Guinée ont fait l’essentiel en contestant formellement cette mascarade et ils ont demandé a leur partisans de s’y opposer.
Maintenant, rien n’empêche aux jeunes guinéens d’assumer leur propre leadership pour s’opposer à ce coup de force comme leurs frères africains partout dans notre continent.
Ils n’ont plus besoin que quelqu’un leur dise ce qu’ils doivent faire ou s’en remettre à qui que ce soit.
Ne craignez point ceux qui ne veulent que protéger la dictature en interprétant notre combat comme une revendication ethnique.
Tous les chefs d’Etat qui se sont succédés au pouvoir ont été combattus parce qu’ils violaient nos lois et non pas parce qu’ils sont d’une telle ou telle communauté. Et chacun d’eux au départ avait suscité l’ adhésion et l’espoir de la majorité des guinéens, donc s’ils ont failli à leurs devoirs, pourquoi mêler des considérations ethniques dans le débat?
Ne les écoutons pas, poursuivons notre combat. Les peuples africains sont témoins du hold-up de M. Alpha Conde, nous avons leur soutien, faisons en sorte qu’ils soient fiers de nous comme ils l’ont été de tous ceux qui se sont débarrassés du joug des potentats du continent.
“Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent”
