Nikki dans sa chambre.

Nikki est née dans un corps de garçon, mais s'est toujours sentie appartenir au genre féminin. Une identité transgenre que la jeune Californienne assume depuis l'âge de 10 ans
Maman, je suis une fille. » Dès qu'il fut capable de faire des phrases, Niko informa sa mère qu'elle se méprenait sur son identité. Ce petit Californien avait alors 2 ans. Ses parents se disaient que ça lui passerait. A la maternelle, pourtant, Niko se plaignait toujours de ce corps dont il voulait obstinément voir certaines parties « disparaître ». « Dieu t'a fait garçon », admonestait sa grand-mère. « Dieu s'est trompé », répondait-il.

A peine rentré de l'école, il enfilait les robes de fée de sa grande soeur, refusant de s'en défaire jusqu'à l'heure du coucher. Cette éphémère double vie prit fin un matin de février 2012, quand Niko, entouré par une garde rapprochée de copines acquises à sa cause, fut accueilli par sa classe de CM2 comme la fille qu'il disait avoir toujours été : Nikki.

« Ils ont été capables de mettre leur ego de côté pour l'entendre et l'aider. Ils ont su faire le deuil de leur enfant idéal. Il y a là une leçon universelle. »

Quand, l'an dernier, le magazine américain People lui a proposé de rencontrer Nikki pour raconter son histoire en images et en vidéo, la photographe new-yorkaise Gillian Laub venait juste de devenir mère. « Je ne savais pas grand-chose sur les enfants transgenres, mais je me suis immédiatement identifiée aux parents, dit-elle. Faut-il céder aux demandes d'un enfant si jeune, au risque de l'influencer ? C'est une question passionnante. »

« DYSPHORIE DU GENRE »

Pendant quatre jours, la photographe s'est immergée dans la vie de cette famille californienne pour saisir Nikki dans son quotidien : sur les pointes pendant son cours de danse classique, en robe virevoltante dans le jardin, sur un lit aux draps roses avec ses amies. D'après Gillian Laub, c'est à Marci et Barry, ses parents, que cette préado pas comme les autres doit aujourd'hui d'être si bien dans sa peau. « Ils ont été capables de mettre leur ego de côté pour l'entendre et l'aider. Ils ont su faire le deuil de leur enfant idéal. Il y a là une leçon universelle. Pour moi, ce sont des parents modèles. »

Stephane Chayet

Le Monde

 

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