Voyons El Hajj, tu n’es pas sérieux ?
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- Publié le mardi 22 juillet 2014 19:08
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
« Vous avez dit ici qu’en 2015 on sera à Sékoumachinya.. Mais il faut qu’on continue de travailler. Pour dégager Alpha Condé, le chasser de S.., ça ne sera pas facile. Il faut que nous soyons déterminés, qu’on continue à travailler et à être mobilisés. Pour refuser l’arbitraire, pour exiger le respect des règles et des principes démocratiques, pour exiger le respect du code électoral, le respect (le droit des, ndlr) aux citoyens guinéens de choisir leurs dirigeants à tous les nouveaux (sic, niveaux ? ndlr), au niveau local, au niveau de l’Assemblée et au niveau de la présidence de la République. »
« La CENI, Alpha l’a complètement inféodée. Vous le savez. Elle sait ceux qui votent. Il convoque les commissaires issus de l’opposition chez lui, dans son bureau pour leur dicter ce qu’ils doivent faire. Donc il faut qu’on soit mobilisés... sans travailler, sans lutter parce qu’Alpha Condé ne le fera pas. »
Cellou, oui, épargne-moi les formules de politesse excessives, donc, arrête un peu. Alpha « convoque (même) les commissaires issus » de l’UFDG, par exemple Hadja Bya ? Pour qui j’avais beaucoup de sympathie et qui nous avait présentés l’un à l’autre et par la suite toujours par son intercession, je t’avais rencontré le soir où nous avions tous attendu l’application du « deal », à savoir la nomination d’un vice-premier ministre qui devait être Rabiatou. (Tu avais mollement aidé à faire disqualifier Bah Oury, j’ai un témoin). Jusque tard l’après-midi, nous avons suivi et subi ce dribble de notre Maradona politique. Alpha t’ayant (c’était au téléphone) convaincu que « ça se fait, il y aura un deuxième décret ». Maintenant le second numéro un de ce « gouvernement issu de l’Opposition », selon une clause « secrète » de l’accord de Ouagadoudou devrait occuper le ministère des fraudes, c’était à l’époque le MATAD.
Nenni. Encore un dribble !
Aujourd’hui, Alpha a dans sa poche tous les ténors du mouvement social : Rabiatou, celui qui a assuré son intérim, les différents démagogues des organisations de la société civile (il en a poussé autant que l’arc-en-ciel a de couleurs) ; mêmes les habituels radicaux de l’enseignement sont devenus atones.
Or il n’y a pas de changement politique qui ne soit adossé à un fort mouvement social (comprenant de puissants syndicats).
Dans nos « républiques » il suffit d’avoir leurs représentants dans sa poche. Alpha ne donne pas le sentiment de craindre un proche et grand mouvement social. Je ne parle pas de vos mamayas avec sakkorbas (tambours-calebasses de gnamakalas), motards, sections tèppès, égayés des lamentos d’ados, de nourrissons entre deux tétées qui ne savent évidemment pas qu’une balle ça tue et qui finissent aux cimetières de « Gaza ».
Je ne vous vois pas devant ou même derrière de vrais syndicalistes exprimant de façon cohérente, radicale et concrète, le ras-le-bol majoritaire qu’étouffe une misère crasse qui s’étale partout en Guinée : aggravée depuis plus de 4 ans.
Mais les Peuls ont eu ce qu’ils cherchaient avec toi : la paix.
A laquelle aspirent les autres Guinéens, il vrai, et c’est tout à ton honneur, mais c’est aussi une ruse de l’Histoire. Vous êtes incapables d’expliquer que cette paix est une plaie qui pourrit et menace de manger le corps social comme une gangrène, un cancer et ce sera alors trop tard, sans remède. Impuissants vous serez, à prévenir de probables, sanglantes et ruineuses jacqueries.
Une paix pourrie que les « Partenaires » ont hâtivement validée avec des médailles que tu arbores dans des propos lénifiants.
Il m’est arrivé de dire un jour à Mamadou (ainsi appelle-t-on Doyen Ba à Dinguiraye), « être radical, ce n’est pas forcément faire sortir des troupes et faire tuer, même quand il le faut parfois ».
Il faut seulement savoir dire non, quand il le faut.
C’est ce « quand » que vous n’avez jamais compris, sans exception.
En revanche, quand on ne sait pas dire non, de façon irrémédiable, c’est-à-dire quand on est incapable et cela de façon rédhibitoire depuis 1995, de faire soigneusement la distinction entre préalable et exigence, on se trouve là où vous avez conduit le peuple de Guinée, dans un trou selon le mot de Gandhi Haroun Barry, ce triste et lamentable jour, quand vous aviez fini par assister à l’intronisation de cette CENI dont vous ne vouliez pas quelques heures auparavant ! Celle à propos de laquelle une de ses vice-présidentes avait eu ce cri du cœur :
Cela s’est bien passé, dans la convivialité (Hadja Bya Diallo)
Juste après un hold-up annoncé et entendu même par les sourds-dingues.
…
Ils sont tombés dans un trou, il faut les y laisser (Gandhi Haroun Barry)
Que se passera-t-il maintenant ? (Barros Diallo, à quelques mots près)
On fera le job nous-mêmes (Gandhi Haroun Barry) !
Vous ne vouliez pas d’une CENI, uniquement issue de la société civile (proposition de Rabiatou, et du CNT en coulisses, mais pas seulement).
Maintenant vous ne voulez plus d’une CENI « partisane » ; qui s’étonnerait, vous n’avez jamais eu une doctrine en dehors des « nous sommes des libéraux », ou « Alpha est un communiste »
(Sans les communistes, nous en serions toujours à l’esclavage… Mais c’est un autre débat. Je dois aller vite).
Tu as osé dire ceci :
« Il ne faut pas venir ici chanter qu’on sera à S.. » à « tes » militants. Quelle chance, ils sont vivants. Quelle chance, tu n’as pas dit cela à un groupe de ces jeunes « excités de la « Bande de Gaza » ! Pas ceux de Netannyahou, mais de l’Axe Hamdallaye-Cosa-Bambéto.
Ici une incidente :
Bientôt un mois qu’une Bande de Gaza est réduite en bouillie, là-bas en Palestine, et vous ne faites même pas un petit parallèle. Pas une petite larme. Jusqu’au jour où Alassane Condé réalisera que Somalie et Palestine c’est du pareil au même, qui finira par vous y renvoyer comme des Falachas. Pourquoi, et pour qui l’Axe Hamdallaye-Cosa Bambéto est devenu « Golfe persique », puis Bande de Gaza où Netanyahou, ce Dajjal de la fin des temps doué d’ubiquité, et qui avec ses loubards, finiront par gazer comme le suggère le premier ministre turc ?
Oui, comme l’horrible pantin de Chaplin ou le monstrueux Arturo Ui de Brecht, avortons de la nouvelle race supérieure, on laissera Netanyahou trouver la « solution finale ».
Chanter ! Pendant que les balles sifflent, quand ces jeunes militants à la fleur de l’âge en sont les cibles ! Tu ne veux plus entendre la funèbre mélodie ?
Ceyy’ou yamikè
Bhèydan wayikè
Tout en suçant leur pouce !
L’hymne pour ceux qui n’ont connu de berceuse que les pétarades des PM-AKA
« Vous n’allez pas venir chanter.. »
Je comprends, il y a de l’improvisation, il y a que c’est l’oralité, mais il y a des limites à ne pas franchir.
Vous vous battez pour quoi et surtout POUR QUI en ce moment ?
Pour l’application de l’accord du 3 juillet.
Les bras m’en tombent !
Donc vous aviez signé un « grand » Si, avant d’accepter d’aller aux élections !
Après qui vous décidez de ne pas siéger, puis après tout n va y aller ne serait-ce que pour palper les 45 briques, ramenées à 15, et puis merde, ça ne vaut pas la peine d’y rester, en attendant de relire cet accord du 3 juillet ;
Ciel !
Un Si dont au moins 7 démembrements n’avaient pas été respectés comme c’est mentionné par les membres du MO-UE !
D’ailleurs je suis trop long.
Où avez-vous caché avec Alpha, les 5 millions de Guinéens de « l’Étranger » qui comme chacun sait, ces lascars ne sont que 120000 bons à battre le pavé Place Maurice Schuman à Bruxelles, devant l’UE ou Place Dauphine, non loin de l’ambassade de Guinée à Paris, avec votre bénédiction. Pourtant Alpha vous les avait offerts, à condition que vous lui laissiez Waymark, mais « seulement pour ces législatives » ?
Je me demande où vous rangez cette catégorie de différend : préalable ou exigence ?
Voici un recensement qui revient en arrière, frisant les méthodes Boiro, en traitant ces « sans papiers » d’anti-guinéens : les Guinéens de »l’Etranger n’y figurent pas, probablement pendus, au moins symboliquement.
La politique, tout comme la nature a horreur du vide. C’est vous qui êtes là-bas hélas et il faut faire avec.
Nous nous sommes sur le terrain
Moi aussi tout comme Ebola
Surtout le lambda aussi
Des millions dont la moitié ont fui
A Kankan-Kouroussa pour Bobo
C’est cruel, mais c’est comme ça
Cependant, Dieu Tout puissant n’a pas besoin d’un chapeau pour, après avoir fait le ménage, sortir du Néant ceux qui nous sortiront du néant où vous nous avez plongés.
Attention, Cellou c’est pas Cellou !
C’est pas Dalein seulement !
Ce sont 44% de quelque 12 millions
Infinie étant Sa miséricorde, Il ne vous y laissera pas, si vous vous lavez bien les mains et surtout l’âme.
Wa Salam,
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
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